Crise au royaume-uni : le chômage grimpe, les salaires stagnent
Le Royaume-Uni est confronté à un double revers économique : le chômage a bondi de manière inattendue à 5%, tandis que la croissance des salaires ralentit. Ces chiffres, dévoilés ce matin, marquent la première alerte tangible sur l'impact de la guerre en Iran sur l'économie britannique.
Un marché du travail en ébullition négative
Selon l'Office for National Statistics (ONS), le taux de chômage a augmenté au cours des trois mois se terminant en mars, atteignant 5%, contre 4,9% en février. Les économistes avaient pourtant anticipé une stagnation. Le nombre d'employés déclarés a chuté de 100 000 en avril, après une baisse de 28 000 en mars, signe d'un fléchissement du marché du travail. La situation est d'autant plus préoccupante que la croissance des salaires, excluant les primes, n'a atteint que 3,4% sur un an en mars, son niveau le plus bas depuis octobre 2020.
La guerre en Iran, débutée le 28 février, a donc eu un impact immédiat. Les coûts énergétiques, dopés par la flambée des prix du pétrole et du gaz suite à la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, pèsent lourdement sur les entreprises. Les enquêtes auprès des consommateurs révèlent une peur grandissante de l'inflation et une réduction des dépenses discrétionnaires. Les entreprises, elles, signalent une augmentation brutale de leurs coûts d'approvisionnement.

Un miracle conjoncturel temporaire ?
Paradoxalement, la croissance du PIB britannique a atteint 0,3% en mars et 0,6% au premier trimestre, des chiffres qui avaient incité le Fonds Monétaire International (FMI) à revoir à la hausse ses prévisions de croissance pour 2026, de 0,8% à 1%. Un optimisme prématuré ? La Banque d'Angleterre anticipe désormais un taux de chômage atteignant 5,1% au milieu de cette année, avant de grimper jusqu'à 5,5% à 5,6% d'ici l'été 2027. La réalité économique se fissure, et les illusions de croissance s'effritent.
Le fossé entre les chiffres macroéconomiques et la réalité vécue par les ménages britanniques s'élargit. La stagnation des salaires, ajustée à l'inflation, ne représente qu'une maigre augmentation de 0,3%, un signal d'alarme pour les classes moyennes et populaires. La situation est loin d'être florissante, et les prochains mois s'annoncent incertains. La question n'est plus de savoir si la crise va s'aggraver, mais de savoir comment le gouvernement britannique compte y faire face.
