Australie : un essor inespéré pour le bilby, symbole de la biodiversité

Une lueur d'espoir brille dans le sud-ouest de la Nouvelle-Galles du Sud. Après un siècle d'absence, le bilby, ce marsupial nocturne au pelage doux, refait surface, et ce, en nombre impressionnant. Une réintroduction ambitieuse porte ses fruits, transformant un écosystème fragilisé.

Un projet audacieux pour ramener la vie

Un projet audacieux pour ramener la vie

Le Parc National des Mallee Cliffs, théâtre de cette renaissance, a vu l'arrivée de cinquante individus en 2019, les fondateurs d'une nouvelle population. Ces bilbies, dont trente provenaient de l'île de Thistle, au large de la côte sud de l'Australie, ont été relâchés dans une zone de reproduction clôturée, un sanctuaire protégé des prédateurs. L'objectif était simple : rétablir une présence durable de cette espèce emblématique, éteinte dans la région depuis un siècle.

Entre 2021 et 2023, une nouvelle vague de 107 bilbies a été introduite dans une zone de 9 570 hectares, également sécurisée. Les premiers relevés, conduits par l'Australian Wildlife Conservancy (AWC) en collaboration avec le gouvernement de l'État, révèlent un chiffre stupéfiant : la population a explosé, atteignant désormais près de 1 840 individus.

Rachel Ladd, écologue de l'AWC, souligne l'impact positif de cette exclusion des prédateurs : “Cela permet aux bilbies de se développer et de prospérer, de se reproduire en nombre et de s'intégrer durablement à l'environnement.” Le projet, qui a semblé à certains relever de l'utopie, démontre aujourd'hui la capacité de la science à restaurer des écosystèmes dégradés.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Au-delà du Parc National des Mallee Cliffs, l'AWC supervise six zones protégées où des populations de bilbies sont suivies. Le dernier recensement révèle une augmentation globale des effectifs, passant de 3 300 en 2025 à 5 300 en 2026 – un quadruplement en cinq ans. Le sanctuaire de Scotia Wildlife Sanctuary, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Galles du Sud, affiche également une progression notable, avec 1 830 bilbies, témoignant d'une résilience face aux sécheresses passées.

Le bilby, véritable ingénieur écologique, remodèle le paysage. En creusant des terriers et en fouillant le sol à la recherche de nourriture, il contribue à la rétention de l'eau et à la croissance de la végétation, un cercle vertueux essentiel à la santé de l'écosystème aride. Tim Henderson, écologue à Newhaven Wildlife Sanctuary, l'illustre : “Leur activité de fouissage retourne de grandes quantités de terre, favorisant la rétention d'eau et la croissance de nouvelles plantes.”

Ces chiffres, bien que remarquables, ne sont qu'un instantané. Ladd nous rappelle que les populations de bilbies, comme celles de nombreuses espèces vivant dans les zones arides, sont sujettes à des fluctuations importantes, dépendantes des conditions environnementales. “En période favorable, ils peuvent se reproduire rapidement et augmenter leur population. En revanche, lors des sécheresses, leur nombre peut chuter considérablement. Mais ils persistent et se reconstituent.”

L'avenir du bilby australien reste incertain, mais l'exemple du Parc National des Mallee Cliffs offre une lueur d'optimisme. Le retour de cet animal emblématique est un rappel puissant de la fragilité des écosystèmes et de la nécessité d'une action concertée pour préserver la biodiversité.