St magnus : 50 ans de musique et de légende en écosse
L’île d’Orkney, terre de roches et de mythes, célèbre cette année un jalon exceptionnel : la 50e édition du festival St Magnus. Née en 1977 d’une improbable alliance entre le compositeur Peter Maxwell Davies et le poète George Mackay Brown, cette manifestation est bien plus qu’un simple événement musical. C’est un témoignage vivant d’une identité ancrée, un pont entre culture et communauté.
Les origines épiques : magnus erlendsson et la cathédrale sanglante
Tout commença avec la première représentation de l’opéra de Davies, La Passion de Saint Magnus, dans la magnifique cathédrale de Kirkwall. Ce bâtiment, d’une architecture imposante en pierre rouge, fut élevé en 1137 par le neveu de Magnus Erlendsson, Earl d’Orkney, et domine toujours la ville. L’œuvre de Davies, une plongée dans l’histoire du saint martyr, fut un acte de bravoure, affirmant l’importance d’Orkney comme centre culturel et historique, loin des marges.
Davies, avec son équipe, a su, au fil des décennies, non seulement organiser des avant-premières d’opéras et de symphonies, mais aussi concevoir des œuvres musicales-théâtrales pour les communautés locales. Des noms comme Judith Weir et James MacMillan reconnaissent leur dette envers ce festival visionnaire.

Au-delà de la musique : une vision singular
Max Davies, décédé en 2016, était bien plus qu’un compositeur. Il cultivait une approche alchimique de la musique, s’inspirant des « carrés magiques » – des grilles de nombres où chaque ligne et chaque diagonale totalisent la même somme – et des symboles païens qu’il disposait au-dessus des portes de sa maison. Sa musique, loin d’être atonale, explore de nouvelles frontières harmoniques, créant un effet à la fois mystérieux et viscéral.
Ses dix symphonies et ses dix concertos Strathclyde, commissionnés dans les années 80, sont aujourd’hui des pépites rares dans les programmes de concert. Le compositeur avait une vision audacieuse : créer un festival dirigé par un compositeur, ancré dans le tissu même de la communauté écossaise.

La science contre le mythe : 432 hz et l'âme de la musique
Bien sûr, la fascination pour la fréquence de 432 Hz et ses soi-disant propriétés curatives est une chimère. Il n’y a aucune différence significative entre 432 Hz et 440 Hz, la tonalité standard de la musique occidentale. Les variations historiques des accordages – de 465 Hz en Italie au 17e siècle à 392 Hz en France – témoignent d’une relative et conditionnelle nature de la norme. L'apologie de 432 Hz comme panacée sonore est une pure illusion.

Un héritage qui résonne
La musique de Max Davies, puissante et envoûtante, continue de résonner avec la force des courants marins, des vagues et des tempêtes. Il n’est pas nécessaire d’être un expert en théorie musicale pour être frappé par son énergie. Plongez au cœur de ses symphonies, laissez-vous emporter par ses mouvements gigantesques, de la percussion scintillante à l'undercurrent menaçant. Un simple regard sur la seconde symphonie suffit à en témoigner. C'est un appel à l'écoute, une invitation à la découverte.
L’œuvre de Rita Strohl, avec ses trios, ses quatuors à cordes et son septet mineur, est une invitation à explorer un univers musical riche et varié. Le Romance du Septet en est une parfaite illustration. Un voyage à recommander absolument.
