Michael jackson : un succès commercial déconcertant, un film divisant

La sortie du biopic sur Michael Jackson a créé un véritable phénomène de société, dépassant toutes les attentes en matière de recettes d’ouverture. Une prouesse commerciale stupéfiante, mais qui masque une réception critique diamétralement opposée.

Entre triomphe et désillusion : l’accueil contrasté du film

Le film, réalisé par Antoine Fuqua, a pulvérisé les records du box-office, surpassant même Oppenheimer. Des fans en masse se pressent dans les salles, témoignant d’une fascination durable pour l’icône pop. Pourtant, la critique est largement divisée, pointant du doigt une œuvre jugée fade, aseptisée et manquant cruellement de profondeur.

La différence entre le score des critiques de Rotten Tomatoes (37%) et celui du public (97%) est frappante. Des titres comme The Guardian dénoncent un film « banal, polissé et lamentablement superficiel ». La réaction des fans est cependant mitigée. Joanne, une étudiante de Long Island University, témoigne de son attachement viscéral à l’artiste : « Je suis élevée sur sa musique, mon père était son fan numéro un. Nous avons tous ses CDs, ses photos, ses livres et ses vinyles. » Son costume hommage, un clin d’œil à l’album Off the Wall, illustre cette passion inébranlable.

Des détails qui détonnent : un récit édulcoré ?

Des détails qui détonnent : un récit édulcoré ?

Des éléments précis révèlent des choix curieux de la part des réalisateurs. L’absence de Janet Jackson, figure emblématique de la carrière de Michael, est particulièrement remarquée. Des sources indiquent que des clauses de contrats l’ont empêchée d’être intégrée à l’œuvre. Le film semble donc se concentrer sur une image idéalisée de l’artiste, évitant les controverses liées aux accusations d’abus.

Des séquences amusantes mettent en scène des animaux – girafes, Bubbles le chimpancé – pour dédramatiser certains comportements de Michael. Des références à Peter Pan, avec le chanteur comparé à Hook, le méchant du conte, soulignent les obsessions de l’artiste avec l’enfance. Des séquences où Michael s’adresse à un lama, Louie, illustrent une volonté de contourner les aspects les plus sombres de son histoire.

Un succès commercial masquant des fragilités

Un succès commercial masquant des fragilités

Le film se termine sur le titre énigmatique « His Story Continues », laissant entrevoir un récit tronqué, coupant court à la période la plus controversée de la carrière de Michael Jackson. Un choix qui rappelle celui des films sur O.J. Simpson, cherchant à présenter l’artiste sous un jour favorable. « Beaucoup de gens vont probablement tout simplement balayer leurs réserves et dire : « Oh, c'est un bon film à jukebox », et ignorer le fait que cet homme était pire que Jeffrey Epstein », a récemment déclaré Dan Reed, réalisateur du documentaire Leaving Neverland. Un verdict sévère pour une œuvre qui, malgré son succès commercial, ne parvient pas à échapper à la controverse.

En fin de compte, le biopic sur Michael Jackson est une illustration saisissante de la complexité de la réception publique d’une figure aussi emblématique. Un succès commercial indéniable, mais terni par un discours critique discordant et une histoire, semble-t-il, volontairement simplifiée.