L'impact de l'international sur la démocratie

Introduction : un monde en mutation

À l'heure où les gouvernements populistes connaissent un regain de popularité en Europe et dans le monde, les États démocratiques sont confrontés à de multiples crises (économiques, migratoires, terrorisme). Il est donc pertinent d'examiner les liens complexes qui se tissent entre la démocratie et l'international. Cette analyse nécessite une définition préalable des termes clés, notamment le terme « international », qui est intrinsèquement lié au concept de « national », créant une séparation artificielle entre les deux.

Définir les termes clés : international et démocratie

Le terme « international » implique une distinction entre le national et le global, bien que ces niveaux d'action publique soient souvent imbriqués. Les enjeux internationaux, tels que la finance, le climat et la sécurité, impactent fortement les décisions nationales, et inversement. La démocratie, quant à elle, est un régime politique définissant une organisation spécifique du pouvoir et un partage particulier entre les gouvernants et les gouvernés, idéalement incarnée par le « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ».

L'impact descendant : l'international stimulant la démocratisation

L'international peut agir comme un stimulus à la démocratisation. L'attrait des normes internationales dominantes, issues de l'ONU (droits de l'homme, non-recours à la violence, règlement pacifique des conflits), tend à remplacer la loi du plus fort par des règles de comportement mutuellement bénéfiques. La pression diplomatique et économique internationale, ainsi que la conditionnalité politique (notamment européenne), favorisent la démocratisation, comme on l'a observé en Europe centrale et orientale après la Guerre Froide et dans des pays comme le Ghana, le Cameroun et la Côte d'Ivoire.

L'international et les menaces aux démocraties

Malgré ces aspects positifs, l'international peut également menacer les démocraties. L'augmentation du terrorisme international, par exemple, conduit fréquemment à l'adoption de lois anti-terroristes restrictives (comme le Patriot Act aux États-Unis ou l'état d'urgence en France), réduisant les libertés publiques. Certains spécialistes, comme Hermet et Beck, évoquent l'émergence de « douces tyrannies » au sein des démocraties occidentales, fondées sur des règles limitant la liberté individuelle au nom de la sécurité.

L'impact ascendant : la démocratie influant sur la scène internationale

La démocratie exerce également une influence au niveau international, bien que ce lien ne soit pas toujours évident. Les théories réalistes des relations internationales minimisent l'impact de l'interne sur le comportement des États, considérant que cela relève de la « low politics ». Les approches libérales, en revanche, soutiennent que la paix démocratique est un facteur de pacification : les démocraties sont moins susceptibles de se faire la guerre entre elles, grâce à des contraintes institutionnelles et à une culture du compromis.

Les limites de la paix démocratique et les nouvelles dynamiques

Bien que la théorie de la paix démocratique soit séduisante, les démocraties contemporaines participent aujourd'hui à des conflits (Afghanistan, Libye, Irak, Mali), et ne sont pas toujours équipées pour gagner ces guerres modernes. De plus, la démocratie peut être perçue comme un repoussoir, notamment lorsque les institutions démocratiques se déforment (oligarchie, reproduction d'une « caste politique »). Le Conseil de sécurité de l'ONU, par exemple, ne reflète pas toujours les équilibres de puissance mondiaux, alimentant la contestation de l'ordre mondial par les puissances émergentes.