Colombie : le mouvement #yotecreocolega dénonce le harcèlement dans les médias

En Colombie, un mouvement en ligne appelé #YoTeCreoColega a rendu public des accusations de harcèlement sexuel à l'encontre de plusieurs journalistes et personnalités de la télévision nationale. Le mouvement, lancé après l'annonce de l'une des chaînes de télévision, Caracol, de la suspension de deux journalistes accusés de harcèlement, vise à lutter contre la Culture du silence qui régit souvent les faits de violence sexuelle dans le monde des médias.

Un premier cas éclaire le système

Juanita Gómez, une journaliste de 38 ans, a dévoilé sur les réseaux sociaux, après plus de 10 ans, son expérience de harcèlement sexuel au sein de la chaîne Caracol, où elle a été agressée par un collègue âgé de 10 ans plus qu'elle, en 2015.

Elle a déclaré que, à l'époque, elle n'a pas osé porter plainte, craignant que son accusateur, plus ancien et plus puissant, ne soit crû que lui. Mais elle a expliqué que la révélation récente de cas de harcèlement sexuel au sein de la chaîne, ainsi que la création d'un site web et d'un e-mail pour les victimes de harcèlement, lui ont permis de se sentir « justifiée ».

De nombreux autres journalistes colombiens ont ensuite partagé leurs propres expériences de harcèlement sexuel au sein des médias, utilisant le hashtag #YoTeCreoColega (Je crois en toi, collègue) et d'autres mots-clés.

Consequences et suites pour les acteurs concernés

Consequences et suites pour les acteurs concernés

En réaction, Caracol a annonce la rupture de contrat de deux de ses journalistes les plus célèbres, Jorge Alfredo Vargas et Ricardo Orrego, tous deux âgés de plus de 50 ans, après des allégations de harcèlement sexuel. Les deux hommes ont nié ces accusations.

Le gouvernement de la présidente colombienne, Gustavo Petro, a également été touché par le mouvement, après la diffusion d'un échange entre le vice-ministre de l'égalité et un employé subordonné, contenant une photo de nudité non sollicitée.

Le directeur de la chaîne publique RTVC et proche allié de la présidente, Hollman Morris, a été mis en cause pour des faits de harcèlement sexuel par deux femmes, dont une journaliste, mais a porté plainte contre elles pour diffamation.

Les organisations de défense des droits de l'homme et les partisans du mouvement #YoTeCreoColega ont appelé à une enquête approfondie et à des sanctions contre les accusés.