Jo nesbø : rock, trawler et confessions d'un cynique

L'écrivain norvégien Jo Nesbø, figure emblématique du roman noir avec son personnage Harry Hole, livre un portrait surprenant de lui-même dans une récente interview. Entre confidences sur son passé de footballeur professionnel et ses escapades adolescentes, Nesbø dévoile une facette inattendue d'un artiste complexe, oscillant entre romantisme et une lucidité désabusée.

Des débuts étonnants : du foot à la finance

Loin de l'image de l'écrivain solitaire, Nesbø a connu une carrière atypique avant de s'adonner à l'écriture. Il a d'abord brillé sur les terrains de football, évoluant même dans la première division norvégienne avec le Molde, avant de voir sa carrière interrompue par une blessure. Passant ensuite par la finance et la formation d'un groupe de musique qui a conquis les charts norvégiens, son parcours témoigne d'une curiosité insatiable et d'une capacité d'adaptation remarquable. Il évoque avec un certain amusement son passage sur un chalutier, expérience mémorable marquée par un mal de mer persistant : un contraste saisissant avec le monde sombre et complexe qu'il explore dans ses romans.

Un regard cynique sur le succès et la mémoire

Un regard cynique sur le succès et la mémoire

À 66 ans, Nesbø se montre lucide quant à sa propre image publique. Interrogé sur la manière dont il souhaiterait être souvenu, il répond avec une pointe d'ironie : « Comme un type sympa, mais je ne suis pas sûr que ça arrive. » Cette autocritique révèle un homme conscient de sa complexité et perçu parfois comme tranchant. Il confesse, avec une franchise désarmante, que son plus grand désespoir réside dans l'impossibilité d'allier écriture, musique et escalade, passions qui nourrissent son esprit créatif.

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L'amour, la loi et l'obsession de l'escalade

L'interview aborde également des thèmes plus personnels. L'amour est dépeint comme un mélange troublant d'exaltation, de peur et de réconfort, tandis que son expérience avec la justice, marquée par une brève incarcération pour exhibitionnisme à l'âge de 18 ans, ajoute une touche d'imprévisibilité à son récit. Mais c'est peut-être son obsession pour l'escalade qui révèle le mieux son besoin de défier les limites, un défi qui a failli lui coûter la vie lors d'une chute spectaculaire à Oslo. «Ne pas pouvoir faire les choses que j’aime, c’est ça qui me fait peur en vieillissant», confie-t-il.

Enfin, Nesbø conclut en soulignant une leçon fondamentale qu'il a tirée de la vie : « Le monde ne se compose pas de personnes bonnes et de personnes mauvaises, mais de personnes qui voient les choses différemment ». Une perspective qui éclaire son œuvre, riche en nuances et en ambivalences, et qui continue de captiver des millions de lecteurs à travers le monde.