Australie : le diesel s'effrite, l'huile de friture à la rescousse ?
Alors que les automobilistes australiens aux essences se délectent d'une baisse des prix, les conducteurs de diesel peinent à suivre. De nombreuses stations-service se retrouvent à court de carburant, tandis que les prix remontent en flèche après un bref répit la semaine dernière. Un cocktail explosif qui pousse certains à envisager des solutions… alternatives.
La pénurie s'aggrave, les prix s'envolent
Selon les chiffres officiels, 3,4 % des stations-service australiennes sont actuellement à sec en matière de diesel. Dans la Nouvelle-Galles du Sud, 142 sur 2400 sites ne proposent plus ce carburant. La situation est similaire dans le Victoria (51 sur 1700) et le Queensland (38). Paradoxalement, malgré un effondrement de près de 20 centimes du litre en gros mercredi dernier, les prix au détail ont rebondi de 10 centimes en cinq jours, reflétant la pression exercée par les coûts mondiaux du pétrole.
Le ministre de l'Énergie, Chris Bowen, a vivement déconseillé aux Australiens de céder à une mode sur les réseaux sociaux consistant à faire du « bio-diesel maison » avec de l'huile de friture. Une initiative aussi risquée qu’inefficace, selon les experts.

Bio-carburants : une piste explorée par le gouvernement
Face à cette crise, le gouvernement australien semble vouloir miser sur l'avenir, en investissant 1,1 milliard de dollars dans le développement des biocarburants, notamment le biodiesel issu de graisses animales et d'huiles végétales. Bowen a d'ailleurs qualifié cette voie de « prometteuse », affirmant qu'elle pourrait non seulement réduire les émissions, mais aussi stimuler l'Économie agricole du pays. Mais la transition sera longue et complexe.

Les tensions géopolitiques attisent le feu
L'augmentation du prix du pétrolier West Texas Intermediate (WTI), dépassant les 115 dollars avant de se stabiliser au-dessus de 111, n'arrange rien. Les menaces de Donald Trump sur les infrastructures iraniennes, relayées via Truth Social, ont exacerbé les craintes d'une perturbation des approvisionnements dans le détroit d'Ormuz. Le gouvernement australien, bien que discret face à ces déclarations incendiaires, a réaffirmé son engagement à travailler avec ses partenaires du sud-est asiatique pour garantir la sécurité de l'approvisionnement en carburant liquide.
Le Premier ministre Anthony Albanese et son ministre des Affaires étrangères, Penny Wong, multiplient les discussions avec leurs homologues internationaux, cherchant à sécuriser de nouvelles importations, notamment grâce à de nouveaux pouvoirs d'intervention gouvernementale. L'objectif affiché : une sécurité d'approvisionnement assurée au moins jusqu'à mai.
Même si la situation actuelle est préoccupante, la résilience de la chaîne d'approvisionnement australienne semble, pour l'instant, tenir bon. Mais l'incertitude géopolitique plane et les consommateurs doivent se préparer à une volatilité persistante des prix à la pompe.
