Satoshi nakamoto : adam back, le mystère enfin éclairci ?
Le nom d’Adam Back, spécialiste en cryptographie et fondateur de Hashcash, résonne désormais comme le principal suspect dans l’enquête sur l’identité de Satoshi Nakamoto, le créateur énigmatique de Bitcoin. Une vaste investigation du New York Times, ancrée dans des échanges emailing inédits et des analyses pointues, pointe vers ce britannique de 53 ans comme le candidat le plus probable.
Un faisceau d’indices convergents
L’affaire, relancée par un documentaire HBO, a entamé une véritable frénésie. John Carreyrou, journaliste du New York Times, a plongé au cœur des archives, déchiffrant des milliers de messages échangés entre Nakamoto et Martti Malmi, un programmeur finlandais. Ces communications, révélées lors d’un procès en Angleterre contre un imposteur australien, constituent le corpus documentaire le plus complet disponible sur les motivations et le fonctionnement de Satoshi.
Carreyrou a rapidement repéré une signature linguistique unique : un mélange subtil d’expressions britanniques et américaines. Associée à une référence audacieuse au titre du premier bloc Bitcoin, tiré de l’édition londonienne du Times – “The Times 03/Jan/2009 Chancellor on brink of second bailout for banks” – cette particularité le menait inéluctablement à Londres.
Le rapport du New York Times souligne une connexion indéniable avec les Cypherpunks, cette communauté internationale de cryptographes et d’activistes des années 90 qui prônait la protection de la vie privée et la liberté individuelle grâce à la cryptographie. Satoshi Nakamoto y a participé activement, partageant des affinités idéologiques avec des figures clés comme Adam Back.

L’adn de satoshi, décrypté
L’analyse minutieuse des textes de Nakamoto a permis d’identifier plus d’un centaine de mots et de phrases récurrentes – “dang”, “burning the money”, “a menace to the network” – et de les corréler avec l'historique public d’Adam Back sur le réseau social X. La concordance, frappante, est incontestable. Back, docteur en informatique, a développé Hashcash, un système de vérification de travail inspirant la logique de la minage de Bitcoin.
L’article raconte une rencontre fortuite entre Carreyrou et Back lors d’une conférence Bitcoin à Las Vegas. Back a affiché une confiance inébranlable dans l’avenir de Bitcoin, prévoyant qu’il atteindrait facilement le million en cinq à dix ans. Il a également révélé ses origines modestes, apprenant à programmer dès l’âge de onze ans, et s’étant plongé corps et âme dans la cryptographie et les systèmes distribués durant ses études. Son mémoire de doctorat, centré sur le langage C++, a été utilisé pour écrire le premier logiciel Bitcoin.
L'enquête révèle que Satoshi citait même le travail de Hal Finney, l’un des premiers à recevoir une transaction Bitcoin et à louer publiquement le code de Nakamoto. Un échange, enregistré sur Bitcointalk, témoigne de cette reconnaissance : “Cela signifie beaucoup venant de toi, Hal”, répond Satoshi à Finney en 2010. De plus, Nakamoto mentionnait un système de monnaie électronique, Reusable Proofs of Work (R.P.O.W.), développé par Finney et intégrant Hashcash.
La communauté Bitcoin, traditionnellement méfiante envers les tentatives de démasquer Satoshi, reste prudente. L’argument central demeure celui de la mobilité des fonds : seul Satoshi pourrait prouver définitivement son identité en déplaçant une partie de ses premiers bitcoins, une fortune estimée à 118 milliards de dollars à Las Vegas. Mais, comme le souligne Carreyrou, “Seul Satoshi pourrait prouver son identité de manière définitive en déplaçant quelques-unes de ses monnaies; toute autre preuve serait circonstancielle”. Adam Back, malgré les indices accablants, continue de nier toute implication.
