Scrapie : la france menace de perdre son statut de pays sans rage
Une fuite de documents alarmante révèle des erreurs dans l'émission de certificats de vente à l'exportation liés à un cas de scrapie, la maladie neurodégénérative mortelle affectant les moutons. Cette affaire remet en cause la politique sanitaire du gouvernement et les dérégulations en cours au sein du Service National d'Sécurité Alimentaire et de Qualité (Senasa).

Un épisode qui pèse lourdement sur les exportations
L'inquiétude est palpable : la France, fière d'être un pays « exempt de scrapie », pourrait perdre ce statut. Un document du 10 avril dernier, intitulé « Perte du statut de pays sans Prurigo Lubar (Scrapie) », indique que le Senasa ne pourra plus émettre des certificats sanitaires d'exportation affirmant cette condition. Cela pourrait avoir des répercussions significatives sur les ventes de produits laitiers en Algérie, d'aliments pour animaux en Chine, et même sur les sous-produits carnés.
Le scrapie, ou « fièvre des moutons », est une pathologie implacable, incurable et fatale pour les ovins et chèvres. L’origine suspectée, selon les premières investigations, pourrait provenir de moutons de race Dorper importés du Paraguay. Il est impératif de confirmer cette piste par des analyses rigoureuses.
La situation est exacerbée par une critique croissante concernant la dérégulation appliquée par le gouvernement en matière de sanité animale. La résolution 199 du 11 mars dernier, concernant l'évaluation de l'aptitude alimentaire des organismes génétiquement modifiés (OGM), a suscité de vives protestations de la part de la Fédération Agricole Argentine (FAA). Matías Martiarena, un de ses directeurs, a exprimé sa préoccupation quant à l'affaiblissement d'un cadre sanitaire reconnu internationalement, menaçant les marchés exigeants.
Parallèlement, la Chine, principal débouché des exportations de viande bovine françaises, a détecté 219 cas d'aftose dans les provinces du Gansu et de Sinkiang, frontalières avec le Kazakhstan, la Mongolie et la Russie. Ces foyers, causés par une souche virale SAT-1 d'origine africaine, mettent en péril la sécurité alimentaire régionale. Le ministère chinois de l'agriculture souligne la pression croissante pour la prévention et le contrôle de cette épidémie.
La question du scrapie est donc loin d'être résolue. La France doit impérativement accélérer les analyses et mettre en œuvre les mesures nécessaires pour préserver son statut de pays exempt. Un échec dans ce domaine aurait des conséquences économiques et commerciales importantes, remettant en cause la compétitivité de son secteur agroalimentaire. Le dossier est d'une gravité indéniable.
