Kubicki siphonne le plein à majorque : une leçon pour berlin ?

Wolfgang Kubicki, figure emblématique de la FDP, a choisi les eaux turquoise de Majorque pour recharger ses batteries avant une bataille politique cruciale. Mais ce n'est pas le farniente qui attire l'attention, c'est le prix du carburant. L'homme politique a partagé une photo de son ticket de caisse, révélant un litre de Super à 1,55 euro, une aubaine comparée aux 2,19 à 2,24 euro pratiqués à Kiel, sa ville natale. Un différentiel de près de 70 centimes qui, pour un plein, représente une économie substantielle.

Une taxation des bénéfices, la solution ?

Une taxation des bénéfices, la solution ?

Kubicki ne s'est pas contenté de partager son bon plan. Il en a profité pour lancer une pique cinglante au ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, partisan d'une taxation des surprofits des compagnies pétrolières ou de l'instauration de prix plafonds. La solution, selon Kubicki, est bien plus simple : une baisse de la taxe sur les carburants, à l'instar de ce qui se fait en Espagne. “Avec un simple décret ministériel, les taxes sont réduites ici. Cela a un impact immédiat, sans bureaucratie ni redistribution forcée.”

Fait notable, l'Allemagne n'est pas seule à opter pour cette voie. L'Italie, l'Autriche, le Portugal et l'Espagne ont également choisi de baisser leurs taxes sur les carburants, contrairement à la stratégie privilégiée par Klingbeil, qui, avec ses homologues européens, tente de faire adopter une taxe sur les bénéfices excessifs au niveau de l'Union Européenne. Un texte, dont BILD a obtenu un extrait, justifie cette initiative par l'augmentation des prix du pétrole due au conflit au Moyen-Orient et la nécessité d'une répartition équitable de cette charge sur l'économie européenne.

Kubicki, économiste de formation, remet en question la pertinence de ces interventions étatiques complexes. “Qui définit ce qui constitue un ‘surprofit’ ? Le gouvernement ? Le SPD ? Est-ce que l'État se prend le droit de dicter à une entreprise le niveau de profit qu'elle peut réaliser ?” Il dénonce une propension à privilégier des solutions bureaucratiques et laborieuses plutôt que des mesures rapides et efficaces.

L'épisode du plein à Majorque, anecdotique en apparence, s'inscrit dans une stratégie de communication habile de la part de Kubicki, aspirant à prendre les rênes de la FDP. Il utilise le quotidien pour souligner les incohérences de la politique économique actuelle et proposer une alternative plus pragmatique, incarnée par le prix du carburant espagnol. Une leçon, peut-être, que Berlin devrait méditer.