Nail pay : la france se prépare-t-elle à un futur où le pouce suffit ?
Un startup suisse ose la révolution du paiement : le ongle, véritable terminal bancaire, est en passe de devenir réalité. L’idée, initialement futuriste, prend désormais une dimension concrète avec l’implémentation de micro-puces NFC directement intégrées aux ongles.
Une technologie controversée et coûteuse
L’entreprise Smart Chip propose un système simple : une fine couche de vernis appliqué sur l’ongle, portant la puce. Un simple contact du pouce au point de vente suffit alors pour valider la transaction. Un concept séduisant, promettant une alternative pratique et sans contact au smartphone. Mais l’enthousiasme est tempéré par des obstacles majeurs.
Le coût d’implantation – environ 30 euros par onglet, avec des 50 salons de manucure en France déjà engagés – représente un frein conséquent. L’obsolescence rapide de la puce, due à la croissance naturelle des ongles, ajoute une dimension financière indéniable à l’équation. Et l'acceptation par les banques reste, pour l’heure, limitée : seuls 15 établissements suisses sont actuellement partenaires, tandis que la France et l’Autriche nécessitent l’utilisation de cartes proxy comme Curve ou Vim Pay.

Au-delà du paiement : une ambition plus large
La gestion de la puce est assurée par une application dédiée, basée sur la numérisation des cartes bancaires du service Digiseq. L’expertise technique de Infineon, fournisseur de la composante de sécurité et du système d’exploitation, assure une protection contre les tentatives de piratage, malgré les affirmations de Smart Chip concernant l’impossibilité de lire les données de la puce à distance. L’entreprise mise sur l’avenir, promettant des fonctionnalités additionnelles : cartes de visite numériques, contacts sur les réseaux sociaux, et même accès virtuels aux portes et aux voitures.
Face à la pression croissante pour la numérisation des paiements, visant à lutter contre la fraude fiscale, la stratégie gouvernementale française se concentre sur l’adoption de moyens de paiement digitaux. Cette initiative, qui pourrait se traduire par une obligation pour les commerçants d’accepter les paiements numériques, illustre une volonté de moderniser le système financier et de renforcer la lutte contre l’évasion fiscale. Un enjeu majeur pour les caisses de la République.
