Ábalos, aldama et le réseau des masques : la vérité éclate dans le tribunal

Madrid, 27 avril. L’enquête sur la trame des masques a révélé une réalité glaçante : José Luis Ábalos, ancien ministre des Transports, était au cœur d’un système de corruption impliquant des commissions illicites et des commandes abusives.

Une organisation criminelle, aldama à la barre

Une organisation criminelle, aldama à la barre

Selon les agents de la UCO, la véritable puissance de ce réseau résidait dans la figure controversée de Víctor de Aldama, un commissionnaire influent. « Le qui paie, commande », martèle la garde nationale, une maxime qui, dans ce cas précis, traduit parfaitement la logique implacable de cette opération criminelle.

Le procès en cours devant la Cour suprême, opposant Ábalos, son ancien conseiller Koldo García et Aldama, met en lumière un jeu d’influence complexe et une hiérarchie insidieuse. Les témoignages des enquêteurs révèlent que, malgré son rôle officiel, Ábalos était, selon eux, un simple exécutant des instructions d’Aldama.

« Sans lui, ils n’auraient pu mener la plupart des opérations », affirment ces agents. Une dépendance totale, un point central de l’accusation. Aldama, quant à lui, se positionne comme le véritable maître à jouer, celui qui orchestre les commandes et exige le paiement des commissions.

Des exemples concrets illustrent cette domination. Les « sauvegards » sollicités par Koldo García pour des « amis vénézuéliens », malgré ses réticences, étaient systématiquement obtenus sur ordre d’Aldama. De même, la pression exercée sur Javier Hidalgo, alors PDG de Globalia, pour obtenir un sauvetage de la compagnie aérienne Air Europa, témoigne d’une volonté affichée de contrôler les destinataires des fonds publics.

Les agents insistent sur le fait que dans toute organisation criminelle, il existe des figures dominantes. Aldama, dans ce contexte, se révèle être celui qui dicte les termes et exige les résultats. Les autres acteurs, décrits comme « réceptifs », se contentent d’exécuter les ordres, sans remettre en question la hiérarchie. Une réalité froide et implacable.

Des chiffres clés illustrent l’ampleur de l’opération : une contrepartie mensuelle de 1 000 euros versée à Ábalos et à García, une extension de cette pratique après le départ d’Ábalos de son poste en 2021. La capacité de ce réseau à « percer les différentes administrations » est également soulignée, grâce à la qualification d’Ábalos et à la capacité de García à naviguer dans les milieux professionnels.

Des exemples marquants, comme le sauvetage de Air Europa ou la visite de la présidente du Venezuela, Delcy Rodríguez, en Espagne en 2020, témoignent de l’accès de ce réseau à des instances de décision de très haut niveau. « L’accès à ces niveaux est total », déclare un enquêteur. Et pour illustrer cette capacité, les agents rappellent l’utilisation d’appareils de communication sécurisés, les « cafés » désignés par un agent de la garde nationale, qui transmettent des informations confidentielles via des téléphones portables jetables. La complexité des outils forensiques utilisés, et l'impossibilité de manipuler les preuves, sont également mis en avant.

L’enquête a révélé une volonté de dissimulation et de protection de certains acteurs impliqués. Les premiers touchés de cette divulgation sont les enquêteurs eux-mêmes, qui ont souligné leur « devoir de réserve ». La situation reste donc délicate, et les implications de cette affaire pourraient être considérables.