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Afghanistan : 96 morts et 378 blessés par les mines, une tragédie infantile

Kabul est le théâtre d'une spirale de violence sourde et persistante : les mines et les munitions non explosées, vestiges de décennies de conflit, continuent de faucher des vies, particulièrement celles des enfants. En un an, le bilan s'alourdit, révélant une crise humanitaire profonde et souvent ignorée.

Le prix terrible de l'héritage des guerres

Entre avril 2023 et mars 2024, l'Autorité Nationale de Gestion des Catastrophes (ANDMA) du gouvernement taliban a recensé 225 incidents liés à l'explosion de mines et de munitions non désamorcées, faisant 96 morts et 378 blessés. Le chiffre est glaçant : plus de 300 des victimes sont des enfants, des chiffres qui témoignent de la vulnérabilité extrême de la population afghane.

L'ONU souligne que ces tragédies se produisent souvent lorsque les enfants, et les adolescents, trouvent ces engins mortels pendant leurs jeux ou alors en veillant sur le bétail. Une image poignante qui illustre la banalisation du danger et l'absence de sécurité pour la jeunesse afghane. La représentante de l'ONU en Afghanistan, Georgette Gagnon, insiste sur l'importance cruciale des efforts de déminage pour assurer une paix durable.

Le directeur Général de l'ANDMA, Haji Mullah Nooruddin Turabi, a qualifié ces résidus de guerre de « ennemi caché de l'humanité », un constat amer qui souligne l'urgence d'une action internationale concertée. La communauté internationale est appelée à intensifier sa coopération pour décontaminer les terres souillées par le conflit.

L'ANDMA a annoncé le déminage de 94 kilomètres carrés au cours de l'année écoulée, grâce à 155 équipes travaillant sur dix projets dans 23 provinces. Mais le chemin est encore long. La quasi-totalité (90 %) de ces incidents sont directement imputables aux munitions non explosées des conflits passés, une réalité qui pèse lourd sur l'avenir du pays.

Les données officielles révèlent que 380 des victimes sont des hommes et 94 sont des femmes ou des fillettes. Une fracture qui souligne les inégalités persistantes et les risques spécifiques auxquels sont confrontées les femmes et les enfants afghans. L’urgence est clairement là : chaque jour compte pour éviter de nouvelles pertes et garantir un avenir plus sûr à la population.

Un déminage insuffisant face à l

Un déminage insuffisant face à l'ampleur de la menace

Malgré les efforts déployés, le déminage reste insuffisant face à l’ampleur de la menace. Le coût humain est exorbitant, et la reconstruction du pays est compromise par la présence de ces engins mortels. La communauté internationale doit redoubler d'efforts pour fournir les ressources et l'expertise nécessaires pour décontaminer le sol afghan et offrir aux nouvelles générations la possibilité d’un avenir sans la peur constante de l'explosion.