Agacé par le vol, un employé de waitrose finit renvoyé
Walker Smith, fidèle employé de Waitrose depuis dix-sept ans, a été renvoyé après une altercation avec un voleur de Pâques. Une affaire qui met en lumière la dégradation de la sécurité dans les supermarchés britanniques et l'impasse dans laquelle se retrouvent les employés face à cette recrudescence de la délinquance.
Un sentiment d'impuissance grandissant
L'histoire, révélée par The Guardian, est celle d'un homme épuisé. Pour Smith, Waitrose était bien plus qu'un simple emploi : c'était un lieu de vie, un réseau d'amis. « Mes amis sont là-bas. J'y suis resté près de deux décennies, j'aurais dû faire quelque chose de bien », confie-t-il au quotidien. Mais depuis quelques temps, l'atmosphère s'est empoisonnée. « Ça arrive toutes les heures, tous les jours : des vols. Et on n'a pas le droit d'intervenir. On ne nous autorise à rien faire. »
Les chiffres sont alarmants. En Angleterre et au Pays de Galles, les vols dans les commerces ont augmenté de 5 % au cours de l'année écoulée, atteignant des niveaux historiques. Les supermarchés sont particulièrement touchés, suscitant une inquiétude grandissante quant à la protection des employés et à la réaction des entreprises face à ces actes de délinquance. La situation est devenue intenable, selon Smith, et beaucoup de collègues partagent son désarroi.

Une rupture inattendue et des conséquences dramatiques
Le point de rupture est arrivé lorsqu'un voleur récidiviste tentait de s'enfuir avec des œufs de Pâques. Smith, poussé par la frustration, l'a interpellé, saisissant le sac rempli de marchandises volées. Une altercation s'ensuit, les œufs se dispersant sur le sol. Dans un geste impulsif, il a ramassé un morceau d'un lapin de Pâques brisé et l'a jeté vers les chariots. Le résultat : un avertissement, une excuse, et surtout, un renvoi.
« Quand je suis rentré chez moi, je me frappais la tête, me demandant pourquoi j'avais fait ça », témoigne Smith, visiblement affecté. Les conséquences de son renvoi sont lourdes : incertitude quant à l'avenir, risque de se retrouver sans domicile, et une confiance en soi ébranlée. Il souffre d'anxiété, une condition dont ses supérieurs étaient au courant.
Parallèlement, une vague d'arrestations a eu lieu : quatre personnes ont été interpellées pour plus d'une centaine de vols, et des perquisitions ont permis de saisir plus de 12 000 euros, deux véhicules, une cinquantaine de bijoux et une trentaine de voitures volées. Mais, selon Smith, le nombre d'incidents n'est pas suffisant pour déclencher une action concrète. L'absence de personnel de sécurité, réduite à néant certains jours, laisse les employés en première ligne face à la délinquance.
Le syndicat Usdaw a dénoncé en février des niveaux « inacceptables » de violence et d'abus, soulignant que deux tiers des agressions contre les employés du commerce de détail étaient provoquées par des vols ou des braquages. Stuart Machin, PDG de Marks & Spencer, a appelé le gouvernement et le maire de Londres à réagir avec fermeté, qualifiant la criminalité dans le commerce de détail de « plus effrontée, plus organisée et plus agressive ». Waitrose se contente de rappeler, dans un communiqué, que « la sécurité et le bien-être de nos clients et de nos collaborateurs sont d'une importance capitale », et que des politiques sont en place, que les employés doivent respecter.
Walker Smith, lui, conclut sur une note d'amertume : « Je ne suis pas une mauvaise personne, violente ou agressive. Je me suis simplement lassé de voir ça tous les jours. » L'histoire de Smith est un cri d'alarme, une illustration crue de la détresse des employés confrontés à une délinquance grandissante, et de la faible protection offerte par les entreprises, prêtes à sacrifier leurs salariés au nom de la rentabilité.
