Agrosavia : la nación menace de privilèges génétiques, alarme la chambre
Un projet de résolution du ministère de l’Agriculture, actuellement en consultation publique, risque de transférer la gestion des banques de germoplasma, historiquement assurées par Agrosavia, à l’ICA. Une décision suscitant la vive inquiétude des représentants parlementaires et des syndicats.
Une transfert suspect : le patrimoine génétique en jeu ?
La députée Jennifer Pedraza dénonce un projet susceptible de transformer le patrimoine génétique national en un instrument de clientélisme politique. Elle accuse le ministère de Carvajalino de vouloir discréditer Agrosavia et de lui confier les fonctions actuelles à l’ICA, sans justification technique solide. « Des pillules » : un terme acerbe pour qualifier cette initiative, selon la parlementaire, qui pointe du doigt un possible détournement des ressources génétiques à des fins électorales.

Le modèle proposé : une coordination partagée et des risques
Le projet propose une « gestion partagée » impliquant l’ICA, Agrosavia, les universités, les centres de recherche et les communautés rurales. L’objectif serait la conservation, l’utilisation durable et la disponibilité des ressources génétiques, via une articulation des acteurs. Cependant, le syndicat national des travailleurs d’Agrosavia (Sintragrosavía) met en garde contre un risque de dégradation de la souveraineté scientifique et technique. Ils soulignent que le projet, bien que reconnaissant l’importance stratégique de ces ressources pour la sécurité alimentaire et l’adaptation au changement climatique, ne prend pas suffisamment en compte les aspects pratiques et financiers de leur gestion.

Une critique acerbe et une appel au réveil
« Il ne s’agit pas de renforcer la coordination institutionnelle, mais de céder le champ à des décisions qui affaiblissent la continuité scientifique, technique et opérationnelle de la garde nationale », déclare Sintragrosavía. Le syndicat exige une évaluation rigoureuse des capacités institutionnelles, des besoins financiers et de la viabilité à long terme avant de transférer la gestion des banques de germoplasma à l’ICA. La question n’est pas de traiter le patrimoine génétique comme une simple affaire administrative, mais de le considérer comme un enjeu crucial pour l’avenir de l’agriculture et de l’alimentation en France. Le ministère devrait répondre à ces préoccupations avec une transparence totale et une argumentation technique irréfutable.
