Argentine: l'exécution des biens de kirchner se profile, malgré les recours
Buenos Aires est le théâtre d'une escalade judiciaire sans précédent : la Chambre fédérale de Cassation pénale a ordonné la saisie et l'exécution des biens de Cristina Fernández de Kirchner, de ses enfants, et d'un réseau d'entreprises liées à Lázaro Báez, dans le cadre de la cause controversée de la « Vialidad ». Une décision qui, même si elle est contestable, pourrait bien signifier le début du démantèlement d'un patrimoine amassé illicitemment.
Un montant colossal à recouvrer
Le montant en jeu est stupéfiant : 684 milliards de pesos argentins (environ 720 millions d'euros au change actuel). Face à cette somme vertigineuse, le tribunal a autorisé l'avancée d'une procédure d'enchères publiques pour les biens appartenant non seulement à l'ex-présidente et à sa famille, mais aussi à d'autres individus impliqués dans le réseau, incluant des sociétés de construction et des entrepreneurs. La question cruciale est de savoir si ces actifs saisis seront suffisants pour couvrir la totalité du préjudice.
Mais la situation est complexe. Si les biens initialement identifiés s'avèrent insuffisants, la justice a déjà autorisé la saisie des actifs appartenant à d'autres protagonistes de cette affaire, tels que Nelson Guillermo Periotti, José Francisco López et d'autres figures clés. Le Ministère Public Fiscal conserve, par ailleurs, la faculté d'identifier de nouveaux biens susceptibles d'être saisis, ouvrant la voie à une enquête plus approfondie.
Le Tribunal Oral Fédéral 2 de Buenos Aires est désormais chargé de superviser le processus, en s'appuyant sur la récente Accordance 22/2025 de la Cour suprême de justice. Cette Accordance établit un cadre précis pour l'administration des saisies dans les affaires pénales, incluant des procédures d'enchères publiques et la possibilité d'affecter les fonds récupérés à des programmes sociaux.
La particularité de cette procédure réside dans la possibilité d'affecter les biens saisis à des usages sociaux immédiats, tels que l'assistance aux victimes, les programmes éducatifs ou de santé. Pour les biens immobiliers, leur gestion est confiée à l'Agence de l'Administration des Biens de l'État (AABE), chargée de leur mise en valeur et de leur vente aux enchères.

Un recours en cassation, un espoir ténu pour kirchner
L'équipe de défense de Cristina Fernández de Kirchner, ainsi que les autres accusés, ne se résignent pas à cette issue. Ils prévoient de déposer un recours extraordinaire devant la Cour suprême, une dernière tentative pour contester la légalité de la saisie. Bien que ce recours puisse être déclaré irrecevable, la défense conserve la possibilité de former une « queja » directement auprès du Tribunal suprême. Un jeu de patience judiciaire qui pourrait s'étendre sur des mois, voire des années.
La décision de la Chambre fédérale de Cassation est d'une importance capitale. Elle confirme non seulement la possibilité de récupérer des actifs acquis par la corruption, mais également le principe selon lequel les biens de provenance illicite peuvent être saisis, même s'ils ont été transférés à des tiers ou hérités. Une victoire symbolique pour la justice argentine, mais dont l'impact réel dépendra de la capacité à traduire concrètement les biens saisis en fonds récupérés.
