Artemis ii : l'humanité revient vers la lune, avec une touche espagnole

La NASA vise le 1er avril 2024 (2 avril heure espagnole) un événement historique : la mission Artemis II, un vol autour de la Lune qui marque le retour d'astronautes sur le satellite après plus de cinquante ans. Mais cette fois, l'ambition est plus grande : préparer un futur où l'homme s'établirait durablement sur la Lune.

Un voyage de dix jours pour valider les systèmes

La navette Orion, chargée de quatre astronautes – Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen – s'élèvera dans l'espace pour un périple de dix jours. Pas de retour sur la surface lunaire, mais la validation des systèmes nécessaires aux futures missions habitées. L'objectif est clair : poser les bases d'une présence humaine durable sur la Lune, en vue d'une exploration plus lointaine, notamment de Mars, visée par 2030.

La collaboration internationale est au cœur de ce projet. L'Agence Spatiale Européenne (ESA) et des entreprises de plusieurs pays travaillent main dans la main avec la NASA. Et l'Espagne y a sa part de responsabilité.

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L'europe au cœur de la mission

Airbus, notamment son équipe espagnole de Tres Cantos (Madrid), joue un rôle majeur. Elle a conçu et construit le Module de Service Européen (ESM) d'Orion. Cet élément vital assure la propulsion, l'énergie, l'eau, l'oxygène et le contrôle thermique de la navette, garantissant ainsi la survie et le retour en toute sécurité des astronautes. Pesant plus de 13 tonnes et utilisant 8,6 tonnes de carburant, l'ESM est un véritable concentré de technologie. Ses panneaux solaires, déployés à 19 mètres de long, pourraient alimenter deux foyers.

Airbus prévoit de construire six ESM pour permettre des adaptations futures, que ce soit pour des missions plus longues sur la Lune ou pour des voyages vers Mars. L'Europe se positionne ainsi comme un partenaire clé dans l'exploration spatiale profonde, bien qu'elle reste sous la direction de la NASA.

La société espagnole GMV contribue également à la mission. Elle développe des outils pour la gestion des anomalies, entraîne les astronautes et surveille leur état de santé. Un équipe espagnole sera présente au centre de contrôle pour une assistance en temps réel.

La collaboration avec l'ESA a permis à GMV de former l'équipage à la plateforme de télémédecine EveryWear, qui enregistre et transmet les constantes vitales des astronautes. Ces données permettent aux équipes médicales au sol d'anticiper et de réagir rapidement à tout problème. La mission Artemis II ne se limite pas à un retour sur la Lune ; elle ouvre la voie à une nouvelle ère de l'exploration spatiale, une ère où la collaboration internationale est la clé du succès.

La technologie européenne embarquée sur Orion, notamment l'ESM d'Airbus, est bien plus qu'un simple composant. C'est la preuve d'une expertise et d'un engagement qui placent l'Europe au cœur de l'avenir de l'humanité dans l'espace.

La NASA a d'ailleurs annoncé l'abandon du projet de station spatiale orbitale lunaire, une décision qui souligne la concentration des efforts sur les missions habitées vers la surface lunaire et, plus loin, vers Mars. Chaque pas compte dans cette course vers l'infini.