Au pérou, l'extorsion se déclarant comme la principale menace en termes de sécurité urbaine, selon une enquête

La situation de sécurité au Pérou s'est considérablement détériorée ces dernières années, avec l'extorsion émergent comme la principale préoccupation des citoyens. D'après une enquête menée par Ipsos, plus de trois quarts de la population péruvienne (soit environ 19 millions de personnes) considèrent que l'extorsion et le paiement de pots-de-vin sont les faits criminels les plus alarmants, les surpassant largement en importance à d'autres comme la corruption des fonctionnaires (41%), la violence sexuelle (37%), le kidnapping (35%) et le vol à main armée (32%).

Un changement dans la perception citadine

Ces résultats montrent un basculement dans la perception de la citoyenneté péruvienne quant à l'insecurité, avec un accent de plus en plus marqué sur les délits liés à la criminalité organisée et aux économies illicites. Ce panorama reflète la croissance de pratiques extorsives dans divers domaines, depuis le commerce jusqu'au transport et à la construction.

Un rapport du Observatoire du Crime et de la Violence, publié entre décembre 2024 et décembre 2025, confirme cette tendance. Selon le document, un quart de la population péruvienne (environ 6 millions de personnes) a été victime d'extorsion ou connaît personnellement quelqu'un qui l'a été au cours des trois derniers mois. Le Pérou se situe derrière le Colombia, le Mexique et l'Équateur en Amérique latine en termes d'incidence du crime organisé, selon les données du BCP.

Expansion du crime et des économies illicites

Le rapport signale également une expansion et une diversification des modus operandi criminels. Parmi les pratiques notables, figure le système connu sous le nom de « gota a gota », qui a vu son taux croître de 15% à 19% au cours de la période étudiée, ce qui montre une progression soutenue de ces pratiques. Par ailleurs, l'enquête révèle que le trafic illicite de drogues et la traite des personnes sont les principales préoccupations liées aux économies criminelles, avec respectivement 64% et 52% d'entre les citoyens qui les considèrent les plus graves.

Ces chiffres font état de l'ampleur des activités illicites qui opèrent de manière coordonnée au pays. Les experts estimment que le crime au Pérou a cessé de se manifestérer sous forme d'événements isolés pour évoluer vers des structures plus complexes. Dans ce contexte, convergent la criminalité commune, le crime organisé urbain et diverses économies illicites, avec une capacité croissante d'expansion territoriale et d'influence.