Axe ceremonia : un an après la tragédie, l'impunité persiste
Un an. Un an que Berenice Giles Rivera et Miguel Hernández Rojas, deux jeunes photographes talentueux, ont péri sous le poids d'une structure métallique défaillante lors du festival Axe Ceremonia. Un an que la justice mexicaine semble s'enliser, laissant derrière elle un sentiment d'injustice et un questionnement profond sur la responsabilité dans les événements de masse.

L'attente interminable de la vérité
Le festival Axe Ceremonia, qui avait attiré près de 100 000 personnes en 2023, a basculé dans l'horreur le 5 avril 2024. Le collapse d'une structure censée supporter l'équipement de sonorisation a coûté la vie à Berenice et Miguel, qui couvraient l'événement pour Mr. Indie. Plus qu'une tragédie, c'est une mise à nu des failles dans la sécurité des événements, et de la précarité qui frappe souvent les jeunes journalistes.
L'enquête, confiée à la Fiscalía General de Justicia de la Ciudad de México, a rapidement pointé du doigt plusieurs entreprises : Operadora Eclectic, La Agencia de los Socios, et O.N Producciones Creativas, ainsi que huit personnes, dont la responsable de la Protection Civile du festival. Mais l'affaire est bloquée. Plus de quinze recours en amparo, déposés par les entreprises impliquées, ont paralysé l'avancement du processus judiciaire. Une stratégie juridique qui suscite l'indignation des familles des victimes et des organisations de défense des journalistes.
La décision de suspendre le festival par la mairie de Miguel Hidalgo le jour même de la tragédie n'a pas suffi à apaiser les tensions. L'absence de déclaration officielle de l'installation de la structure métallique, et le fait qu'elle ait été mise en place pendant le concert, soulèvent de sérieuses questions sur le manque de supervision et de coordination.
Les témoignages qui ont fait surface, notamment sur les réseaux sociaux, indiquent que le festival a repris après l'accident, comme si de rien n'était. Des tentatives de dissimulation ont été dénoncées, alimentant la conviction que certaines parties cherchent à étouffer l'affaire. La pression des familles, soutenues par des organisations de défense des droits humains, est constante, mais le chemin vers la justice reste parsemé d'obstacles.
L'affaire Axe Ceremonia n'est pas seulement une question de responsabilité pénale, mais aussi une réflexion sur la protection des travailleurs indépendants, en particulier les photographes, souvent confrontés à des conditions de travail précaires et à l'absence de couverture sociale adéquate. Cette tragédie a mis en lumière une réalité amère : le prix à payer pour la culture et le divertissement peut parfois être trop élevé.
Alors que les familles de Berenice et Miguel attendent toujours une réponse, une chose est sûre : l'impunité ne doit pas être la règle. La transparence et la justice sont les seuls remèdes à cette douleur persistante. La lumière, paradoxalement, s'est éteinte pour deux talents prometteurs, mais elle doit continuer à éclairer les zones d'ombre qui ont conduit à cette tragédie.
