Baisse des exportations de bovins en colombie : un signal d'alerte pour l'économie rurale

Le secteur colombien de l'élevage affiche un mélange déroutant de signaux dans le commerce international. Si les exportations persistent, des segments clés subissent un ralentissement inquiétant, notamment en matière de viande bovine et de vivants. Cette situation suscite des tensions parmi les acteurs du secteur.

Le volume des exportations de viande bovine atteint son plus bas depuis une décennie

Le volume des exportations de viande bovine atteint son plus bas depuis une décennie

Selon les données du Dane, les exportations totales du secteur ont atteint 25,03 millions de dollars en janvier. Bien que la Chine, Hong Kong, l'Égypte et le Venezuela restent des destinations privilégiées, la baisse du volume de viande bovine exportée est particulièrement préoccupante. En janvier, les exportations de viande bovine n'ont atteint 1 354 tonnes, le chiffre le plus bas depuis dix ans. C'est le troisième mois le plus faible depuis 2020 et 2024, pour un chiffre d'affaires de 7,05 millions de dollars.

La valeur des exportations d'animaux vivants s'est également contractée, atteignant 14,23 millions de dollars. Cependant, le secteur des produits laitiers a résisté, affichant des ventes supérieures à celles enregistrées lors des dix dernières années, tant en volume qu'en valeur. Une évolution positive, mais qui ne suffit pas à compenser la tendance générale.

« En tonnes, janvier a été le mois le plus faible de cette décennie (1 513 tonnes) et, en dollars, le troisième mois le plus faible (7,4 millions de dollars) après 2020 et 2024 », souligne José Félix Lafaurie Rivera, président exécutif de Fedegán. Cette situation fait craindre un impact sur l'économie rurale, souvent dépendante des revenus tirés de ces exportations.

La raison principale de ce ralentissement résiderait dans l'évolution du taux de change. La baisse du dollar américain face au peso colombien a réduit la rentabilité des exportations, diminuant les revenus en pesos lors de la conversion.

La situation est complexifiée par une correction des prix internationaux de la viande, après une période de hausse globale. Ces deux facteurs se combinent pour expliquer la diminution des ventes de viande, de viscères et d'animaux vivants.

Une question revient souvent : le prix intérieur de la viande est-il lié à la baisse des exportations ? Les données du Dane montrent que le prix de la viande de bœuf a augmenté de près de 4 % entre janvier et février, malgré la diminution des exportations. Selon Fedegán, ces fluctuations sont principalement dues à des facteurs macroéconomiques, et non à la dynamique des exportations.

La situation est critique. L'élevage colombien doit s'adapter rapidement pour maintenir sa compétitivité sur le marché mondial. La stabilité économique du pays en dépend.