Berlin : activistes palestins saisis et accusés de crime organisé
Berlin est le théâtre d’un procès inédit ce lundi. Cinq activistes palestino-européens, dont une Espagnole, sont jugés pour intrusion violente dans la siège de la société israélienne Elbit Systems et destruction de matériel.
Une action audacieuse, un procès controversé
Les faits remontent à septembre dernier, lorsque ces membres du collectif Palestine Action Germany ont pénétré dans une usine d’Ulm, détruisant des ordinateurs et des équipements de laboratoire avec des haches et des marteaux, avant d’être appréhendés. La fiscalie allemande estime les dégâts à un million d’euros.
Mais l’affaire dépasse largement la simple destruction de biens. L’accusation de « organisation criminelle» est lourde et pourrait entraîner des peines de prison allant jusqu’à cinq ans. Un point sensible, souligne la défense, qui pointe du doigt une durée de détention préjudiciable et injustifiée, dépassant les sept mois.

La consigne « from the river to the sea » : un enjeu politique majeur
L’accusation ne s’arrête pas là. Les activistes sont également poursuivis pour avoir utilisé la phrase « De la rivière à la mer, la Palestine sera libre », un slogan interdit par le ministère de l’Intérieur en raison de son association avec des organisations considérées comme terroristes, notamment Hamas.
Un combat plus large que des dommages matériels
La défense insiste sur le caractère symbolique de l’action. Pour eux, il s’agissait de perturber le flux d’armes vers Israël et de contrecarrer ce qu’ils dénoncent comme un génocide à Gaza. Une perspective qui rappelle, avec acuité, le rôle crucial d’Elbit Systems dans la fourniture de technologies de surveillance pour l’armée israélienne.
Prisons de stammheim : une accusation de pré-juge
Le procès se déroule en prison à Stammheim, lieu emblématique des procès de la RAF. La défense dénonce une forme de pré-juge, arguant que l’objectif de l’action était clairement politique et non violente. Il est crucial de comprendre que ces activistes ne sont pas des terroristes, mais des citoyens dénonçant l'impunité de la violence.
La perspective de la justice allemande est indéniablement politique, et soulève des questions fondamentales sur la liberté d’expression et la lutte contre le soutien à l’État d’Israël.
D’Aversa prendra les commandes de ce dossier, et l’issue de ce procès pourrait avoir des répercussions significatives sur le mouvement palestinien et les relations internationales.
