Bogotá : l’écrouillez fiscal sur le football colombien – un incère risque pour la ville ?
Le Conseil de Bogotá est plongé dans une crise de confiance face à une proposition audacieuse, voire risquée, de l’administration municipale : l’exonération de l’impôt sur l’industrie et le commerce (ICA) pour la Fédération Colombienne de Football (FCF) jusqu’en 2036, conditionnée à l’accueil d’événements sportifs à Bogotá.
Un incitatif sportif controversé
L'initiative, présentée comme un levier pour attirer des matchs de la sélection colombienne et des compétitions de haut niveau, suscite un vif débat. Les détracteurs mettent en avant le manque de clarté, l'injustice potentielle et les risques liés au contrôle de cette mesure exceptionnelle. Le conseiller Leandro Castellanos, surnommé « le conseiller du sport », est le principal défenseur de cette idée, mais il insiste sur la nécessité d'étendre les incitations fiscales à d'autres disciplines sportives, pour assurer une véritable équité.

Des questions cruciales sans réponses
Castellanos pointe du doigt des lacunes fondamentales : quel sera l'impact réel sur les finances de la ville ? Comment les recettes fiscales perdues seront-elles compensées ? Quels mécanismes de contrôle seront mis en place ? Quelles contreparties la FCF devra-t-elle assumer ? Et surtout, existe-t-il une planification cohérente des événements sportifs sur une décennie ? Il s'agit bien d'un « blanc », ou d’un véritable plan d’action ?

Des voix d'opposition et des préoccupations fiscales
La Secrétairerie des Finances tempère l’enthousiasme, soulignant que l'FCF ne paie pas actuellement d'impôts à Bogotá, car elle n'organise pas d'événements. L’estimation des revenus indirects générés par les événements (tourisme, hôtellerie, transport, commerce) se chiffre à près de 19 milliards de pesos. Cependant, plusieurs conseillers expriment des doutes quant à la pertinence de cette mesure, notamment Germán García (Parti Libéral), qui souligne l’insuffisance des infrastructures du Stade El Campín. Heidy Sánchez (Pacto Histórico) met en garde contre la possible perte de revenus liée aux concessions du stade et questionne la nécessité d’octroyer des exonérations à une fédération disposant d’importantes ressources financières.
Un risque de dérive et un appel à la transparence
La situation est loin d’être claire. Des voix s'élèvent pour demander des garanties, une planification rigoureuse et une transparence totale. Les conseillers Juan Manuel Díaz et Jesús David Araque (Nouvel Éclectisme) citent l’exemple de Barranquilla, où ces événements génèrent des retours sur investissement considérables. Marco Acosta (Colombia Juste Libres) et Sandra Forero (Centre Démocrate) considèrent que cette initiative est une opportunité de développement économique et de rayonnement international pour la ville. En fin de compte, le projet, qui exonère la FCF de taxes et de timbre jusqu’au 31 décembre 2036, est sujet à controverse.
Conclusion : un choix à faire
La session a été reportée à la commission permanente des finances et du crédit public. Bogotá se trouve à la croisée des chemins, devant décider si cette mesure est un véritable soutien au sport ou un simple cadeau financier, susceptible de compromettre les finances de la ville.