Bolivie : luis arce dénonce une "torture psychologique" en prison
La Bolivie est en proie à une nouvelle escalade politique. L'ancien président Luis Arce, emprisonné depuis décembre dernier, a lancé une offensive virulente contre le gouvernement de Rodrigo Paz, dénonçant ce qu'il qualifie de « torture psychologique » et de violation flagrante de ses droits fondamentaux. Une lettre ouverte, publiée sur ses réseaux sociaux et adressée à la communauté internationale, témoigne d'une détresse profonde et d'une volonté de braquer les projecteurs sur sa situation.

Un procès politique, selon l'ex-président
Arce, qui a quitté ses fonctions le 8 novembre dernier, est accusé de corruption présumée dans le cadre du Fonds Indigène, une institution qu'il dirigeait auparavant en tant que ministre de l'économie sous la présidence d'Evo Morales. Il réfute catégoriquement ces accusations, les qualifiant de « vengeance » et d'une tentative de dissimuler « l'incapacité et la corruption » du gouvernement actuel. « Je n'ai pas volé, je n'ai pas tué, je n'ai pas menti au peuple bolivien », insiste-t-il dans sa missive.
Plus grave encore, Arce affirme avoir été privé de liberté « sans ordre d'arrêt légal », qualifiant son arrestation d'un « acte arbitraire qui ne peut être qualifié que de kidnapping au mépris de la loi ». Il souligne qu'il s'est toujours tenu à la disposition de la justice, ce qui rend les accusations d'évasion encore plus infondées.
Les conditions de détention, au cœur de la polémique
L'ex-président détaille des pratiques qu'il considère comme une véritable « torture psychologique ». Durant ses premiers jours de détention, il aurait été confiné dans un lieu « dépourvu des conditions minimales d'habitabilité ». Les agents pénitentiaires auraient ensuite photographié l'ancien président de manière « abrupte » dans sa cellule, une pratique qui a cessé suite à l'intervention de sa famille et de ses avocats. Cependant, selon Arce, le personnel pénitentiaire a continué à le photographier et à filmer dans la cour de la prison, notamment lorsqu'il fait de l'exercice ou reçoit des visites.
Au-delà de sa propre situation, Arce met en garde contre les conséquences de ces « graves violations de droits » sur l'État de droit. Il dénonce des atteintes au processus équitable, à la présomption d'innocence, à la défense matérielle et technique, ainsi qu'à la tutelle judiciaire effective. Ses demandes de soins médicaux, notamment la consultation d'un cardiologue, auraient également été rejetées par la justice.
L'arrestation de Marcelo Arce Mosqueira, le fils aîné de l'ex-président, pour « légitimation de profits illicites », ajoute une dimension familiale à cette affaire complexe. Selon le ministère public, l'enquête implique également les deux autres fils de Luis Arce, qui sont également sous investigation. La situation bolivienne s'annonce donc tendue et les prochains développements pourraient avoir des répercussions significatives sur la stabilité politique du pays.
