Briceño : attentat et couvre-feu, la violence resurgit en antioquia
Un attentat à la moto a secoué la place principale de Briceño, dans le département d'Antioquia, vendredi dernier, laissant un policier blessé et plongeant la commune dans un état d'urgence. L'explosion, survenue lors du Vendredi Saint, a ravagé une partie de la façade du poste de police et remis en question la stabilité fragile de la région.
Le bilan humain et matériel : un policier blessé, des infrastructures détruites
L'attaque, qui s'est produite à 19h52, a impliqué un engin explosif dissimulé dans une motocyclette. Les images diffusées montrent des dégâts considérables sur la station de police et des véhicules. Le policier blessé, rapidement pris en charge, se trouve hors de danger selon les autorités. Le gouverneur d'Antioquia, Andrés Julián Rendón, a immédiatement dénoncé l'incident, pointant du doigt les conséquences de la politique de « paix totale » du gouvernement national.

Des accusations politiques et l'ombre des groupes armés
L'atmosphère est électrique. Andrés Julián Rendón a attribué la responsabilité indirecte de l'attentat au gouvernement de Gustavo Petro et aux dissidences des Farc, menées par Néider Yesid López Uñate, alias « Primo Gay ». Il accuse ces derniers, ainsi que le Clan del Golfo, d'être à l'origine de la résurgence de la violence dans la région, autrefois libérée des cultures de coca et des mines antipersonnel. « Les criminels sont revenus grâce à la paix totale de Petro », a-t-il affirmé sur son compte X.

Des mesures de sécurité draconiennes et une restriction des libertés
Face à cette escalade de violence, la mairie de Briceño a imposé un couvre-feu nocturne de 22h00 à 5h00, étendu jusqu'au 7 avril, puis de 21h00 à 5h00 jusqu'au 15 avril. Parallèlement, la circulation des motocyclettes est interdite sur les voies publiques et le transport de passagers à moto est également restreint. Ces mesures visent à renforcer la sécurité et à contrôler la mobilité dans la commune, mais soulèvent des inquiétudes quant à la restriction des libertés individuelles.
La traque de « primo gay » et la récompense offerte
Les forces de sécurité sont actuellement mobilisées pour traquer « Primo Gay », blessé lors d'une précédente opération militaire. Son déplacement dans la région montagneuse serait rendu difficile par ses blessures. Un prix de 500 millions de pesos colombiens (environ 130 000 euros) a été offert pour toute information menant à son arrestation. L'affaire souligne la complexité du conflit armé colombien et la persistance de groupes armés déterminés à déstabiliser la région.
