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Café salvadorien : une montée en puissance étonnante

Le café salvadorien, longtemps affaibli par les crises, signe un retour spectaculaire. Les exportations ont bondi de près de 30 % en volume et plus de 70 % en valeur par rapport à la saison précédente, une dynamique qui propulse le pays vers de nouveaux horizons agricoles.

Une réception nationale en hausse

Une réception nationale en hausse

Les chiffres officiels, compilés jusqu'à la fin du mois de février 2026, révèlent une réception nationale de café oro-uva atteignant 841 977 quintaux, soit une augmentation de 9 % sur le cycle précédent. Un signe indéniable de la vitalité retrouvée du secteur, qui témoigne d'une demande intérieure soutenue et d'une valorisation accrue du produit sur le marché local.

Mais la véritable surprise réside dans les exportations. Avec plus de 38 millions de kilogrammes acheminés vers l'étranger, El Salvador affiche une performance inégalée, générant des revenus excédant 66 millions de dollars américains. La superficie cultivée, stable à environ 104 000 hectares, suggère que l'amélioration des rendements est au cœur de cette croissance.

L'architecture même de la production est intéressante. L'écrasante majorité des producteurs, soit 80 %, sont de petits exploitants, cultivant entre 0,1 et 5 manzanas. Ils représentent, collectivement, seulement 15 % de la superficie totale. C'est un contraste frappant avec les quelques 2 % de grands producteurs qui, eux, concentrent près de 38 % des terres. Cette structure souligne les défis liés à la consolidation et à la modernisation du secteur, mais aussi la résilience d'une agriculture familiale ancrée dans le terroir.

Les États-Unis, naturellement, demeurent le principal débouché, absorbant 69 % du volume exporté. Un prix moyen de 329,90 dollars américains par quintal témoigne de la valeur accordée au café salvadorien sur ce marché clé. L'Europe offre un rendement légèrement supérieur, tandis que le Moyen-Orient, bien que ne représentant que 3,4 % des exportations, propose le meilleur prix : 396,98 dollars américains par quintal. Le Royaume-Uni, avec sa participation modeste, se distingue par des tarifs particulièrement élevés, soulignant la perception d'une qualité supérieure.

Le processus de régulation, avec la demande de renouvellement périodique des carnés, semble porter ses fruits. Le nombre de producteurs enregistrés s'élève désormais à 18 206, témoignant d'une meilleure focalisation des politiques publiques et d'une traçabilité accrue des opérations. Une chaîne de valeur complète s'articule autour de la production : 68 bénéficiateurs, 58 pergamineros, 155 exportateurs, 38 torrefactores et 27 intermédiaires contribuent à l'essor de ce secteur vital.

La dynamique positive observée jusqu'en février 2026 ne s'explique pas uniquement par des prix internationaux favorables. Une productivité accrue et un positionnement croissant sur des marchés spécialisés sont également à l'œuvre. Les autorités et les acteurs privés insistent sur la nécessité de renforcer le soutien technique et financier aux caficultores, en particulier aux petits et moyens producteurs, pour pérenniser cette renaissance.

Le cycle 2025/26 est bien plus qu'un simple bilan chiffré ; il est le reflet d'un renouveau, d'une résilience et d'une ambition renouvelée pour le café salvadorien. L'avenir, s'il n'est jamais garanti, s'annonce plus prometteur que jamais pour ce joyau agricole d'Amérique centrale.