Canaries: les inondations font frôler la crise, 180 millions d'euros de dégâts
Les Canaries, déjà éprouvées par des mois de pluies diluviennes, ont subi un nouveau coup dur avec le passage de la borrasca Therese. Le gouvernement espagnol a déclaré l'état d'urgence dans plusieurs régions, soulignant l'ampleur des dégâts et la nécessité d'une intervention rapide.

Le conseil des ministres active les aides d'urgence
Le Conseil des Ministres a approuvé mardi la déclaration d'urgence pour les îles Canaries, ainsi que pour les régions de Baleares, Catalogne, Castille-La Manche, et Castille et Léon. Une mesure cruciale, dictée par la gravité des conséquences des récentes intempéries. L'annonce, faite lundi par Ángel Víctor Torres, ministre de la Politique Territoriale, lors d'une visite à Valsequillo, sur l'île de Gran Canaria, révèle un besoin urgent d'assistance financière et logistique.
La situation à Gran Canaria est particulièrement préoccupante : les premiers bilans, bien que provisoires, chiffrent les dégâts à plus de 180 millions d'euros. Plus d'un tiers de cette somme concerne les infrastructures vitales, depuis les routes jusqu'aux réseaux d'alimentation en eau. Le secteur primaire, pilier de l'économie canarienne, est également durement touché, avec des pertes agricoles considérables.
L'activation de cette procédure d'urgence débloquera des fonds via le Consorcio de Compensación de Seguros, le Ministère de l'Intérieur pour les biens personnels et les dommages, et des aides spécifiques pour le secteur agroalimentaire. Le gouvernement espagnol s'engage à financer au moins 50 % des dommages affectant les infrastructures municipales. Un engagement pris immédiatement, selon les dires du ministre, dès le passage de la borrasca Therese.
Mais au-delà des chiffres, il y a des vies bouleversées. Les habitants de Valsequillo, comme tant d'autres dans les Canaries, ont dû évacuer leurs foyers, laissant derrière eux des biens et des souvenirs. La solidarité s'organise, mais l'ampleur du désastre rend les efforts de reconstruction complexes et coûteux. Le défi pour les autorités est double : gérer l'urgence immédiate et préparer le terrain pour une relance économique durable.
La rapidité de la réaction gouvernementale, bien que saluable, ne saurait masquer les questions fondamentales : comment anticiper et atténuer les effets des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes et intenses ? La réponse passe sans doute par une meilleure gestion des risques, des investissements massifs dans les infrastructures résilientes et une coopération renforcée entre les différents niveaux de l'administration.
Le coût humain et économique de la borrasca Therese est un rappel brutal de la vulnérabilité des territoires insulaires face aux aléas climatiques. La reconstruction des Canaries sera longue et ardue, mais elle devra aussi être l'occasion de repenser un développement plus durable et respectueux de l'environnement.
