Capresoca eps : l'interim s'effondre, les affiliés en danger ?
Une décision choc secoue le système de santé colombien : Betty Cecilia Anaya Nieto, agente interventora de Capresoca EPS, a été suspendue provisoirement par la Procuraduría General de la Nación. Les motifs ? Des irrégularités flagrantes dans la gestion de l'EPS, plongeant les milliers d'affiliés dans une zone de turbulences.

Un bilan désastreux après l'intervention
L'intervention gouvernementale, censée redresser la situation financière et opérationnelle de Capresoca EPS, semble avoir eu l'effet inverse. Selon les investigations préliminaires de la Procuraduría, la situation a empiré de manière alarmante. La siniestralité a explosé de 121%, faisant grimper le déficit à un montant astronomique de 375 milliards de pesos. Un chiffre qui, la preuve par neuf, traduit la gravité de la crise.
Mais ce n'est pas tout. Le patrimoine de l'EPS a diminué de plus de 207 milliards de pesos, accentuant l'instabilité financière. Ces données, révélées par Revista Semana, peignent un tableau sombre et laissent présager des conséquences directes sur la qualité des soins dispensés aux patients.
L'augmentation fulgurante des tutelles et des PQR est un autre signal d'alarme. En 2023, le nombre de réclamations mensuelles a grimpé de 249 à 606, soit une augmentation de 144%. De même, le nombre de tutelles a progressé, passant de 65 en 2022 à 108 en 2023, et se maintenant à 102 jusqu'en octobre 2024. Ces chiffres témoignent du mécontentement croissant des affiliés face à des services de santé de plus en plus précaires.
La suspension de Betty Cecilia Anaya Nieto, actée par Tatiana Moreno Shett, la procuradora delegada disciplinaria, est une mesure temporaire de trois mois, le temps que les investigations disciplinaires se poursuivent. Parallèlement, Yeferson Caicedo Pardo, également impliqué en tant qu'agent interventor, fait l'objet d'une enquête formelle.
L'affaire soulève des questions cruciales sur l'efficacité des interventions gouvernementales dans le secteur de la santé colombien. La rotation chronique des agents interventores, pointée du doigt par la Procuraduría, compromet le bon déroulement des opérations et fragilise la pérennité des EPS. La Superintendencia Nacional de Salud est désormais sous pression pour revoir ses processus de sélection et garantir la compétence des responsables nommés.
Mais au-delà des procédures administratives, la priorité reste la protection des droits fondamentaux des affiliés. La Procuraduría met en garde contre le risque de voir compromettre l'accès aux soins, la vie et le minimum vital des patients. Le temps presse : il est impératif de trouver une solution durable pour éviter une catastrophe humanitaire.
L'avenir de Capresoca EPS, et par extension celui de ses milliers d'affiliés, est désormais suspendu à l'issue de ces investigations. La Colombie retient son souffle.