Cgpj : une augmentation des salaires discrète qui suscite l'indignation

Le Conseil Général du pouvoir judiciaire (CGPJ) a discrètement approuvé une revalorisation salariale pour ses membres, une décision qui risque de susciter l'indignation. Selon une information de la Cadena Ser, cette hausse, validée en septembre, pourrait atteindre 800 euros par mois pour certains magistrats les plus anciens.

Une augmentation sans transparence

Une augmentation sans transparence

L'accord, conclu sans aucune publicité préalable, concerne la présidente du CGPJ, Isabel Perelló, et les vingt membres du conseil. Il inclut un complément de 10 000 euros annuels pour ceux qui ne sont pas fonctionnaires, une prime d'ancienneté qui n'avait pas été revue depuis 1998, date à laquelle elle se situait à 522 euros par mois. Cette augmentation intervient alors que les salaires des membres du CGPJ sont déjà substantiels. La présidente perçoit officiellement 155 000 euros par an, tandis que les membres gagnent 134 000 euros, sans compter les primes de trienios et autres avantages.

Cette décision, fruit de négociations entre les conseillers proposés par le PSOE et le PP, a été prise lors d'un plénum en septembre dont les détails n'ont pas été rendus publics, et le site de transparence du CGPJ n'a pas été mis à jour en conséquence.

La base légale de ces rémunérations est définie par la loi de budget de l'État et la loi 15/2003 sur la carrière judiciaire. Cette dernière vise à garantir l'indépendance économique des juges et magistrats, un principe fondateur du pouvoir judiciaire. Il est crucial de comprendre que l'indépendance économique est perçue comme un rempart contre toute influence extérieure, condition sine qua non d'une justice impartiale.

Le CGPJ lui-même avait déjà mis en place, en 1998, un complément d'ancienneté pour les membres dont les revenus étaient inférieurs à cinq trienios de carrière, une pratique qui a été réactualisée par l'accord de septembre. Cette règle, bien que discrète, est affichée sur le site de transparence du CGPJ.

Cette revalorisation suscite des interrogations quant à la transparence des décisions au sein du CGPJ et à la cohérence de sa politique salariale. La question de l'indépendance du pouvoir judiciaire est plus que jamais d'actualité, et chaque décision, même apparemment mineure, mérite une attention particulière. La justice ne doit pas être perçue comme un privilège, mais comme un service public accessible à tous, et son indépendance économique est une garantie fondamentale de cette accessibilité.