Coahuila : le pri domine, mais le qrgate menace
Coahuila a connu dimanche 7 juin une seule élection en 2026, marquant le renouvellement de son Congrès local avec 25 sièges en jeu et près de 2,4 millions d'électeurs inscrits sur la liste nominale. Un résultat contrastant, où la coalition PRI-UDC a pris la majorité, mais où le spectre de la manipulation électorale plane désormais sur le scrutin.
Un triomphe initial du pri et du pan, mais des fissures profondes
Les urnes transparentes, arborant fièrement les logos du PRI, du PAN et du Morena, se dressaient face à la silhouette du plan du Coahuila, symbole de la pluralité électorale de l'État. Malgré les allégations massives de corruption, impliquant des codes QR et des paiements de 500 pesos pour chaque vote, le PRI-UDC a remporté les 16 districts de majorité relative. Les chiffres préliminaires, arrêtés à 3h50 du matin le 8 juin, révèlent une domination claire : 681 659 voix pour le PRI-UDC, soit 55,04% des suffrages, contre 324 291 pour le PT-Morena (26,18%). Les autres partis, Nuevas Ideas (5,89%), Verde (2,60%) et PAN (2,17%), se retrouvent relégués en position de force inférieure.

Le qrgate : une bombe qui risque de tout remettre en question
Cependant, cette victoire semble fragile. La présidente nationale du Morena, Ariadna Montiel Reyes, a dénoncé un « QRgate » colossal, une opération systémique de corruption visant à acheter le vote. Des codes QR auraient été distribués individuellement aux électeurs, qui recevaient 500 pesos pour photographier leur bulletin de vote marqué. Selon le Morena, ces données, obtenues par des membres dissidents du PRI, seraient utilisées pour une manipulation des résultats. Des vidéos et des listes de distribution ont été présentées comme preuves accablantes. L'affaire est désormais confiée aux services de police cybernétique et à la justice.

Au-delà des chiffres : une affirmation du pouvoir local
Alito Moreno, dirigeant du PRI, a qualifié la journée d'« élection en paix, avec harmonie et tranquillité », soulignant que le résultat « envoyait un message » clair vers 2027. Il attribue cette victoire au travail du gouverneur Manolo Jiménez, évoquant une « paix, une tranquillité, une sécurité, une économie, une génération d'emplois et une meilleure qualité de vie ». Moreno ne manque pas de rappeler son ambition de reconquérir le pouvoir en 2027, dénonçant les « narcopoliticiens » du Morena.
Une participation citoyenne encourageante, mais des questions en suspens
Si plus de 50% de la population s'est exprimée, la première phase d'expérimentation de la Mesa de Escrutinio et Cómputo Electrónica (MEC), mise en place par l'INE pour garantir la certitude et la légalité des suffrages par voie électronique, a été un succès. Malgré une participation généraliste, le futur de la représentation locale est incertain, face aux accusations de manipulation électorale qui pèsent sur cette victoire.
