Colombie : deux dissidents d'iván mordisco se rendent à la justice
Dans une volte-face surprenante, deux figures clés de la structure 44, liée aux dissidents d'Iván Mordisco, ont capitulé devant les forces armées colombiennes, marquant un tournant potentiel dans la lutte contre les groupes armés illégaux dans la région du Guaviare.
Des défections sous la pression militaire
Alias « Flavio », considéré comme le troisième chef de la structure 44 « Antonio Ricaurte », et alias « Meteoro », un commandant de rang intermédiaire, ont fait leur apparition devant les troupes de la Quatrième Division de l'armée nationale dans le département du Meta. Leur reddition, qui survient après une série d'opérations militaires intensifiées dans le Guaviare, incluant des frappes aériennes et des déploiements massifs de troupes, signale une fragilisation interne de la dissidence.
Les motivations derrière cette soumission sont claires : la pression croissante exercée par les forces armées et, selon des sources d'information militaires, des tensions grandissantes au sein même de la structure 44. On observe une augmentation des contrôles internes et des restrictions de mobilité imposées par les commandements d'Iván Mordisco, ainsi que des avertissements adressés à ceux qui manifestent des intentions de quitter l'organisation.

Un passé criminel lourd de conséquences
« Flavio », avec une expérience estimée à huit ans dans les organisations armées illégales, est impliqué dans des activités logistiques, le recouvrement d'extorsions et la coordination d'opérations dans des zones clés comme Barrancolorado et El Boquerón. Son parcours inclut également une affiliation avec le GAO-r « Carolina Ramírez » et une participation aux cercles de sécurité d'Iván Mordisco, révélant un rôle central au sein de la dissidence. Alias « Meteoro », de son côté, a débuté comme simple combattant avant d'accéder à des fonctions de chef d'équipe et de responsable de la sécurité de « Flavio », affichant une progression rapide au sein de la structure.
Les accusations portées contre les deux hommes sont graves : extorsion de la population civile, déplacement forcé, recrutement de mineurs et implication dans des activités liées au trafic de drogue. L'utilisation d'explosifs est également signalée, témoignant de la violence et de la complexité des opérations menées par la structure 44 dans le Guaviare.

Un matériel incriminant et un programme d'aide
Lors de leur reddition, les deux dissidents ont remis aux autorités une arme de poing Prieto Beretta de calibre 9 mm, des munitions, trois banderoles du Bloc Amazonas « Manuel Marulanda Vélez », des équipements de communication et des documents écrits qui sont actuellement analysés par les services de renseignement. Cette reddition s'inscrit dans un contexte plus large de défections au sein de la dissidence, avec près de 20 déserteurs recensés depuis le début de l'année dans le Guaviare. Les deux hommes sont désormais intégrés au Programme d'Attention Humanitaire aux Déposeés du Ministère de la Défense, leur situation juridique étant déterminée conformément à la législation en vigueur.
Cette soumission s'ajoute à une reddition antérieure de sept autres dissidents, démontrant que la pression militaire et les dynamiques internes fragilisent ces groupes armés illégaux. Mais la vigilance reste de mise : les commandements d'Iván Mordisco intensifient leurs contrôles internes, signalant une volonté de maintenir l'ordre et de dissuader d'autres défections.
La reddition de « Flavio » et « Meteoro » est un coup dur pour la structure 44, mais elle ne met pas fin à la menace que représente la dissidence d'Iván Mordisco. L’analyse des documents saisis permettra d'éclairer davantage les réseaux et les opérations de ce groupe armé, et pourrait mener à de nouvelles arrestations.
