Colombie : le confinement, une arme de contrôle des groupes armés
Dans des régions stratégiques de Colombie, la vie quotidienne se résume à la survie sous le joug implacable des groupes armés. Le confinement, loin d’être une mesure temporaire, s’est imposé comme une tactique de domination territoriale, une forme de contrôle inédite.
Escarissements et restrictions : la violence réinventée
Les chiffres sont alarmants. En 2026, 26 événements de confinement ont affecté près de 40 000 personnes, tandis que 7 768 Colombiens ont été contraints à l’exil forcé. Le phénomène s’est particulièrement manifesté dans le Cauca, véritable épicentre de cette stratégie macabre, où 9 300 habitants vivent sous le spectre constant des milices.
Loin d’une simple expulsion, le confinement impose un carcan sur la vie quotidienne : interdiction de sortir, horaires stricts, restrictions sur le transport de nourriture. Un véritable piège pour des communautés déjà fragilisées.

Le clan du golfe, l’eln et les dissidents : les architectes du contrôle
La Défenseur du Peuple pointe du doigt les principaux responsables de ce dispositif : le Clan du Golfe, l’ELN, les dissidents FARC et les Autodefenses Conquistadoras de la Sierra Nevada (ACSN). Ces organisations utilisent le confinement comme un instrument économique, un moyen de financer leurs activités illégales et de consolider leur emprise sur le territoire.
Marcher, accéder aux soins, travailler, éduquer ses enfants… autant de droits bafoués par cette politique de contrôle. Les conséquences dépassent largement la simple question de la sécurité. La santé mentale, l’éducation et l’économie locale sont également gravement impactées.

Un flux migratif qui s'accélère
Le nombre d’étrangers en situation irrégulière transfrontalière a connu une forte augmentation en 2026, avec plus de 25 000 Colombiens, principalement des Vénézuéliens, qui ont tenté de franchir la frontière. Ce flux migratoire s’ajoute aux tensions déjà vives dans les zones affectées par la violence, exacerbant les problèmes structurels de ces régions.
Face à cette situation, l’État doit repenser ses stratégies. Le confinement, loin d’être une solution, est une arme de contrôle qui exige une réponse humanitaire et sécuritaire nouvelle. Il ne s’agit plus seulement de combattre la présence des groupes armés, mais de restaurer la liberté de mouvement et le droit à une vie digne pour ces communautés.
La réalité sur le terrain est sombre. Malgré la résilience de certaines communautés, la vie quotidienne se définit désormais par des restrictions impératives. L'avenir de ces territoires est incertain, mais une chose est claire : le confinement ne fera que prolonger le cycle de violence et de souffrance.
