Congo : des colombiens déportés, entre espoir et désarroi
Kinshasa, République Démocratique du Congo – Loin des plages ensoleillées de la Floride, seize migrants, dont plusieurs Colombiens, se retrouvent bloqués dans un hôtel de Kinshasa, victimes d’une expédition surprise orchestrée par les États-Unis. Un transfert forcé qui soulève des questions éthiques et juridiques, et laisse ces personnes vulnérables face à un avenir incertain.

Un voyage inattendu vers l'afrique
Après avoir été expulsés des États-Unis, ces Latino-Américains, dont Jorge Cubillos, se sont retrouvés propulsés vers le Congo, équipés d'une autorisation de séjour de sept jours, potentiellement extensible à trois mois. Un visa qui, en théorie, leur permet de circuler librement, mais dans la réalité, les confronte à une situation précaire. Les autorités américaines, ironiquement, déconseillent la demande d'asile, mettant en avant l'instabilité politique et les conflits armés qui secouent le pays.
Mais la réalité est plus sombre. Selon Cubillos, la promesse d'une vie meilleure s'est transformée en un cauchemar. « Jamais je n'aurais imaginé atterrir en Afrique », témoigne-t-il à la BBC, le regard perdu. Il est séparé de sa femme et de ses enfants, bloqués en Floride, tandis que d'autres, comme une femme restant anonyme, ont subi des mois de détention avant leur expulsion, malgré des permis de travail et des demandes d'immigration en cours. Une injustice flagrante.
Le récit glaçant du voyage est digne d'un film d'horreur. Plus de vingt-cinq heures entravés, mains et pieds attachés, une simple pomme, quelques pommes de terre et une bouteille d'eau comme maigre pitance. « C'était terrible, agaçant », raconte Cubillos, évoquant la peur et l'incertitude qui ont rythmé le trajet.
Mais au-delà des conditions inhumaines du transport, c'est la peur de retourner en colombie qui hante ces migrants. Cubillos, comme beaucoup d’autres, a fui la violence et craint pour sa vie s'il regagne son pays. « Les demandeurs d'asile courent des risques dans leurs pays d'origine. Si je devais choisir entre le Congo et Barranquilla, je choisirais Barranquilla, même si ici, je ne fais rien, car retourner à Barranquilla, c’est mettre ma vie en danger. »
Hubert Tshiswaka, directeur de l'Institut de Recherche sur les Droits Humains au Congo, dénonce avec force l'absence de fondement légal de cette opération. « Il n'existe aucune base légale pour rapatrier des personnes d'autres pays au Congo, surtout des États-Unis. »
L'arrivée prochaine d'un nouveau vol de migrants, prévue pour la première semaine de mai, ne fait qu'amplifier l'inquiétude. Le gouvernement congolais se défend en invoquant un engagement envers la dignité humaine, mais la situation reste fragile. L'histoire de ces Colombiens déportés est un rappel brutal des conséquences des politiques migratoires restrictives et de la nécessité de protéger les droits fondamentaux des personnes vulnérables, où qu'elles se trouvent.
La promesse du
