Córdoba : deuil, tensions et questions après la mort de tomás orihuela

La province de Córdoba est en état de choc après le décès de Tomás Orihuela, 19 ans, retrouvé sans vie dans une cellule de la Comisaría Sexta. Un enterrement marquant, empreint de l’atmosphère particulière des adieux “tumberos”, a vu une foule de motocyclistes traverser les rues, tandis que des membres de sa famille, eux aussi incarcérés, ont été exceptionnellement autorisés à assister aux funérailles, exacerbant les tensions déjà vives.

Un enterrement sous haute sécurité

Le cortège funèbre, caractérisé par le bruit assourdissant des pots d’échappement modifiés et les panaches de fumée, a témoigné d’un deuil populaire et d’un sentiment d’injustice grandissant. Quatre membres de la famille Orihuela, deux frères et deux cousins, ont été transportés de la cárcel de Bouwer et du penal de Cruz del Eje, sous escorte policière, pour rendre un dernier hommage. Cette autorisation, accordée en vertu de la loi 24.660 sur l’exécution des peines, qui prévoit des exceptions en cas de circonstances humanitaires, soulève néanmoins des interrogations quant à la procédure suivie et au rôle de l’autorité judiciaire.

Selon Facundo Pérez Lloveras, avocat pénaliste, “l’ordre de transfert doit être émis par le fonctionnaire judiciaire qui a la garde du détenu”. Le Service Pénitentiaire, après avoir pris connaissance de la situation, prend alors la décision de la visite et organise l’opératif de transfert. La décision, dans le cas présent, a été prise par une prosecretaria, et non par la juge d’exécution Rita Fonzalida, en raison des contraintes de temps.

Des allégations troublantes et une famille en détresse

Des allégations troublantes et une famille en détresse

La famille Orihuela dénonce avec force une possible action violente de la part des agents de police. “Il est impossible que mon frère se soit endormi dans une cellule à 22h,” affirme Mariana, la sœur de la victime, soulignant que leur frère aurait été frappé et présentant un œdème cérébral, ainsi que des complications au niveau d’un poumon et d’un rein, des éléments qui ne correspondent pas à un suicide. L’absence de possibilité de le voir la nuit de son décès, après que la mère se soit rendue à la Comisaría Sexta pour lui apporter de la nourriture et des vêtements, ajoute à leur désarroi. La famille insiste sur le fait que l’ordre d’arrestation initial aurait été caduc, renforçant le sentiment d'une dérive policière.

Les faits, qui ont conduit à un rassemblement massif et à un fort malaise social, sont désormais sous l’investigation de la Fiscalía de Instrucción N° 8. La pression pour que les responsabilités soient identifiées et que les circonstances exactes de la mort de Tomás Orihuela soient élucidées ne cesse de croître. L'affaire, qui révèle une fois de plus les failles potentielles des pratiques et des contrôles en matière de détention policière, appelle à une remise en question profonde des procédures et à une garantie accrue des droits fondamentaux des individus privés de liberté.