general

Crise sanitaire au moyen-orient : le système de santé au point de rupture

Le chaos s’étend dans le voisinage. La récente escalade entre les États-Unis et l’Iran, exacerbant les tensions au Liban et dans les pays environnants, plonge la région du Moyen-Orient dans une spirale infernale. L’Organisation Mondiale de la Santé pour le Moyen-Orient (OMS/EMRO) alerte aujourd’hui sur un point de bascule, un effondrement imminent des systèmes de santé déjà fragilisés par des années de conflits et de sous-financement.

Des milliers de blessés, des millions déplacés

Les chiffres sont glaçants. Plus de 3,2 millions de déplacés en Iran, un bilan de plus de 33 000 blessés et près de 2 300 décès, le tout suite à l’explosion de la violence inaugurée le 28 février. Au Liban, la situation est tout aussi dramatique : 23 attaques ciblant les établissements de santé, un quasi-quart de la population déplacée, 4 900 blessés et plus de 1 500 morts. Le système libanais, déjà à bout de souffle en raison de la crise financière et des conséquences de l’explosion de Beyrouth, est submergé.

Hôpitaux sous pression, ressources insuffisantes

Hôpitaux sous pression, ressources insuffisantes

Les hôpitaux du Liban, véritable épicentre de la crise, luttent pour faire face à un afflux massif de patients traumatisés. « La pression est intense », souligne Hanan Balkhy, directrice régionale de l’OMS. « Les équipes médicales, épuisées, tentent de maintenir les soins essentiels tout en gérant un volume de cas exceptionnel. » La situation s’aggrave avec la fermeture de six hôpitaux et les dégâts subis par 200 autres, aggravant un paysage sanitaire déjà dévasté.

Un appel humanitaire urgent

L’OMS a réactivé ses livraisons, acheminant plus de 187 tonnes de matériel médical, soit plus de 3,1 millions de dollars, vers le Liban et l’Irak. Cependant, les besoins sont colossaux. Seule 37 % des 689 millions de dollars sollicités pour 2026 ont été mobilisés. Un appel d’urgence de 30,3 millions de dollars a été lancé cette semaine pour soutenir les populations touchées au Liban, en Iran, en Irak, en Syrie et en Jordanie – une mesure désespérée face à l’ampleur de la catastrophe.

Au-delà des blessures physiques : un risque environnemental et sanitaire

Les conséquences de ce conflit ne se limitent pas aux blessures et aux décès. Balkhy alerte sur les risques environnementaux et sanitaires à long terme, notamment la pénurie d’eau dans une région déjà confrontée à des défis hydriques majeurs. La production de 40 % de l’eau désalinée mondiale est concentrée dans le Golfe. De plus, le risque d’incidents radiologiques ou nucléaires, avec huit attaques signalées à proximité d’installations nucléaires iraniennes, est une source d’inquiétude majeure. L’Organisation du Traitement de l’Information Nucléaire (OTN) a confirmé ces menaces.

Un engagement politique indispensable

La directrice régionale de l’OMS conclut sur une note acerbe : « La santé sans paix et la paix sans santé sont des chimères. » Il est impératif d'exiger un engagement politique durable pour la stabilité, la reconstruction et le développement. L’inaction ne fera qu’aggraver une situation déjà critique, et les conséquences, à long terme, seront désastreuses pour une région qui supporte déjà la moitié des besoins humanitaires mondiaux. Il faut cesser immédiatement le conflit. »