Cuba : díaz-canel lance un avertissement ferme à washington
La tension monte entre Cuba et les États-Unis. Miguel Díaz-Canel, le président cubain, a affirmé dans une récente interview à Newsweek que Washington n'avait « aucune excuse » pour envisager une agression militaire contre son pays, qualifiant cette idée de « prétexte ». Un message clair, lancé alors que les relations entre les deux nations restent tendues.
Un dialogue possible, mais entravé par la méfiance
Díaz-Canel a réaffirmé la volonté de Cuba de privilégier une solution diplomatique, soulignant que son gouvernement s'efforce « d'éloigner une confrontation ». Il a ajouté, avec une pointe d'ironie, que malgré la rhétorique belliqueuse de certains responsables américains, notamment sous l'ère Trump, les contacts avec Washington ont toujours été maintenus. « Le dialogue est possible », a-t-il déclaré, « parce que, à différents moments, avec d'autres administrations américaines, nous avons été capables d'établir un dialogue et de discuter de sujets d'intérêt commun. »
Cependant, la méfiance est palpable à La Havane. Les contacts pris par Washington avec Caracas et Téhéran, suivis selon Díaz-Canel, d'« attaques » contre ces pays, ont semé le doute chez la population cubaine. « Cela crée un état de méfiance », a-t-il souligné.

La défense nationale cubaine : une stratégie de longue date
Face à la possibilité d'une agression, Cuba s'appuie sur une doctrine militaire élaborée dans les années 1980, connue sous le nom de « Guerre de tout le peuple ». Il ne s'agit pas tant d'empêcher une invasion que de la rendre extrêmement coûteuse, en termes humains et économiques, pour l'agresseur. Un calcul froid qui témoigne de la détermination cubaine à se défendre, même face à une puissance militaire supérieure.
Interrogé sur sa propre sécurité, Díaz-Canel a minimisé les risques, évoquant la nature collective du leadership cubain. « La direction de l'État cubain, le parti et la révolution est collective, et les décisions sont prises de manière collective. » Un message qui vise à rassurer, en soulignant la continuité du système, quel que soit l'avenir de son leadership personnel.
La situation demeure volatile, mais le message de Díaz-Canel est clair : Cuba est prêt à négocier, mais ne reculera pas devant la défense de sa souveraineté. La balle est désormais dans le camp de Washington.