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Eau potable : une cartographie choc révèle l'ampleur de la pollution aux nitrates

L’accès à une eau potable, un droit fondamental, est menacé en Espagne. Une nouvelle carte interactive, publiée par Greenpeace, met en lumière une contamination généralisée par les nitrates, révélant que plus de 332 municipalités ont dépassé les seuils légaux en 2024, rendant l'eau impropre à la consommation. Un constat alarmant qui interroge sur les pratiques agricoles intensives et leurs conséquences sur la santé publique.

Une cartographie révélatrice, basée sur des données officielles

Une cartographie révélatrice, basée sur des données officielles

Elaborée à partir des données du Système d'Information National des Eaux de Consommation (SINAC) du Ministère de la Santé, cette carte interactive décline les niveaux de pollution par une échelle de couleurs claire et percutante : du vert pour une contamination faible, à l’orange, au rouge, jusqu’au noir, signalant les zones les plus critiques. Le résultat est sans appel : 51% des municipalités analysées, soit 2 860, présentent des niveaux de nitrates supérieurs aux recommandations scientifiques de 6 mg/l, un seuil vital pour la protection de la santé.

Derrière cette crise, se cache une réalité amère : l’utilisation massive d’engrais synthétiques, la production animale intensive et, plus précisément, l’essor des macrofermes. Il est d’ailleurs établi que 81% de l’apport de l’azote agricole aux systèmes aquatiques, au niveau européen, provient directement ou indirectement de l’élevage. Une statistique qui met en lumière le rôle central de l’agriculture intensive dans la dégradation de nos ressources en eau.

Luís Ferreirim, responsable de l'élevage chez Greenpeace, s'en est ouvertement pris aux macrofermes : “La pollution de l’eau par les nitrates est invisible, insidieuse. Accéder aux données officielles est un véritable parcours du combattant, mais cette carte permet à chacun de savoir ce qu’il boit. Nous ne pouvons plus tolérer que ces industries de la viande empoisonnent l’eau de tous pour s’enrichir.” Il ajoute, avec une amertume cinglante : “Nous exportons la quasi-totalité de notre porc et nous nous retrouvons avec une eau, littéralement, de qualité médiocre.”

Si une inversion de la tendance n'est pas immédiate dans les zones déjà affectées, Greenpeace insiste sur la nécessité d'une action décisive pour obtenir une réduction progressive de la pollution. Faute de quoi, le nombre de personnes exposées ne fera qu'augmenter, et les conséquences toucheront de nouvelles localités. La pétition lancée par l'organisation, réclamant la fin des macrofermes et un modèle d'élevage plus durable, a déjà recueilli plus d'un demi-million de signatures, témoignant d'une mobilisation citoyenne grandissante.

L’eau, source de vie, ne devrait pas être devenue un enjeu économique, sacrifiée sur l’autel du profit. La carte de Greenpeace est un signal d’alarme, une invitation à repenser notre rapport à l’agriculture et à la protection de l’environnement. Il est temps d'agir, avant que le robinet ne se transforme en un symbole de notre impuissance face à la pollution.