Espagne : politiques, procès et identité basque sous tension

Alors que la nation espagnole savoure les derniers instants de relâche offerts par Pâques, une autre réalité se profile : celle des tribunaux et des négociations politiques complexes. L'ombre des affaires Koldo et Kitchen plane, tandis que les pactes de gouvernements locaux se trament, révélant des dynamiques de pouvoir en pleine mutation.

Le spectre des ex-ministres et l'appel à la conscience basque

La semaine à venir s'annonce chargée. Deux ex-ministres, un du PSOE et l'autre du PP, seront bientôt confrontés à la justice dans le cadre de ces affaires retentissantes. Mais avant cela, le traditionnel Aberri Eguna, jour de la patrie basque, se déroulera dimanche. Face à une conjoncture internationale particulièrement instable, le PNV (Parti Nationaliste Basque) insiste sur la nécessité d'un renforcement de l'identité basque, appelant à une « conscience politique » accrue au sein de la communauté. Le parti devra composer avec Bildu et capitaliser sur les récentes avancées, notamment la cession de sept nouvelles transferts à Euskadi, incluant la gestion des trois aéroports basques, fruit d'un accord entre le gouvernement Sánchez et le lehendakari Pradales.

Négociations localement : l

Négociations localement : l'heure de vérité pour le pp et vox

Plus pressantes encore se révèlent les négociations entre le PP et Vox, destinées à former des gouvernements dans les régions d'Estrémadure, d'Aragon et de Castille-et-León. En Castille-et-León, le temps presse : le 14 de ce mois, il faudra désigner les membres de la Mesa de las Cortes autonómicas, une étape cruciale qui pourrait indiquer l'issue des discussions gouvernementales. La vice-présidente d'Aragon, Mar Vaquero, espère que la période de réflexion de Pâques ait permis à Vox de prendre conscience de la nécessité d'un accord.

À Estrémadure, une lueur d'espoir semble se dessiner. Le PP affiche un optimisme prudent, son porte-parole au Congrès, Ester Muñoz, assurant que les négociations avancent bien. Cette semaine marquera donc un tournant décisif pour les trois régions.

L'unité de la gauche et les elections andalouses

Parallèlement, les discussions sur l'unité de la gauche se poursuivent, avec un œil attentif sur les élections andalouses et un événement attendu à Barcelone le 9 mai, où s'affronteront Gabriel Rufián (ERC) et Irene Montero (Podemos). L'unité semble presque complète en Andalousie, Por Andalucía ayant réussi, in extremis, à enregistrer sa coalition de partis, comprenant Izquierda Unida, Sumar, Iniciativa del Pueblo Andaluz, Alternativa Republicana, Partido Verde et Alianza Verde. Seul Adelante Andalucía refuse de s'intégrer dans cette alliance.

Le forum politique à Barcelone, où se retrouveront Pedro Sánchez et Alberto Núñez Feijóo, entre autres, viendra jeter un éclairage supplémentaire sur ces enjeux, tandis que le ministre de la Présidence, Féližx Bolaños, devra rendre compte du Plan Normatif 2025 devant la Commission constitutionnelle. Enfin, le Sénat poursuit son enquête sur l'affaire Koldo, avec l'audition lundi du président de Forestalia, Fernando Samper, et de la femme de l'ex-secrétaire d'Organisation du PSOE, Santos Cerdán, dont le nom de code, « Paqui », apparaît dans les rapports de la Guardia Civil.