Grève des médecins : streeting accuse le bma de saboter les avancées
Le système de santé britannique est à nouveau paralysé. Alors que des milliers de médecins sont entrés en grève pour six jours, le secrétaire de l'État à la santé, Wes Streeting, a fustigé le British Medical Association (BMA) d'avoir « torpéillé » les opportunités d'amélioration des salaires et des postes de formation pour les médecins. Une escalade qui fragilise un NHS déjà sous tension.
Un coût estimé à plus de 3 milliards de livres
Cette grève, la 15e depuis mars 2023 et la plus longue à ce jour, devrait coûter une fortune au NHS. Les estimations, bien que non confirmées officiellement par l'institution, s'élèvent à plus de 3 milliards de livres depuis 2023, avec des milliers de rendez-vous annulés et des délais d'attente allongés pour les tests, les traitements et les chirurgies. Une situation intenable pour les patients et un fardeau financier considérable pour le pays. Les responsables de la santé appellent à la prudence, exhortant les patients à ne pas renoncer à consulter si nécessaire.

L'offre gouvernementale rejetée, selon streeting
Selon Wes Streeting, le BMA a non seulement manqué une occasion d'obtenir de meilleures rémunérations et plus de postes pour les médecins, mais a également mis en péril les progrès réalisés dans la réduction des temps d'attente au sein du NHS. Il affirme qu'une offre « sérieuse » a été présentée, comprenant une augmentation moyenne des salaires de 4,9 % cette année, une hausse de 6,2 % pour les médecins les moins bien payés et une augmentation globale des salaires de 35,2 % sur quatre ans.
De plus, le gouvernement aurait répondu aux préoccupations concernant la progression de carrière et les goulots d'étranglement en matière de formation, avec un plan visant à prioriser les diplômés britanniques pour les places de formation, réduisant la concurrence de quatre à moins de deux pour une place. L'offre comprenait également la création de 4 500 postes de formation spécialisée supplémentaires sur trois ans, avec le remboursement des frais d'examens obligatoires, souvent prohibitifs.

Le bma dénonce un recul des promesses
Le BMA, de son côté, accuse le gouvernement d'avoir « changé les règles du jeu » à la dernière minute. Le Dr Jack Fletcher, président du comité des médecins résidents du BMA, affirme que des négociations fructueuses étaient en cours, mais que le gouvernement a soudainement réduit les sommes allouées et les a étalées sur une période trop longue pour être significatives. Il a insisté sur le fait que les grèves étaient « entièrement évitables » et que le BMA avait proposé plusieurs solutions pour annuler les reculs.
Le différend porte notamment sur le versement de 700 millions de livres supplémentaires de « progression salariale ». Le gouvernement souhaitait étaler ce versement sur trois ans, tandis que le BMA exigeait le versement intégral au début du nouvel exercice budgétaire du NHS.

Un impact sur la formation des futurs médecins
L'annonce du retrait de l'offre de création de 1 000 places supplémentaires en formation spécialisée cette année par Wes Streeting, en raison du rejet de l'accord global, a également suscité l'indignation. Le secrétaire d'État a justifié cette décision en affirmant que les avantages ne pouvaient être revendiqués qu'après l'acceptation de l'offre gouvernementale.
La grève devrait se terminer lundi prochain à 7h. Reste à savoir si cette nouvelle escalade permettra de relancer les négociations ou si elle marquera un tournant négatif dans la crise qui ébranle le NHS.