Juliana guerrero : un dispositif de sécurité d'état au cœur de la polémique

L'affaire Juliana Guerrero, déjà entachée par des accusations de favoritisme dans l'obtention de son diplôme de comptable, prend une nouvelle tournure explosive. La jeune femme, loin d'être une citoyenne ordinaire, bénéficie d'une protection rapprochée digne d'une haute fonctionnaire, suscitant l’indignation et des questions légitimes sur l’utilisation des fonds publics.

Un convoi présidentiel pour une comptable ?

Un convoi présidentiel pour une comptable ?

Selon des sources proches de l'affaire, Juliana Guerrero disposerait d'un dispositif de sécurité conséquent : entre deux et trois véhicules blindés et jusqu'à neuf hommes de protection, modulés en fonction des risques encourus lors de ses déplacements, notamment dans la région du Cesar. Une logistique impressionnante qui, selon le journaliste Jacobo Solano, évoque un véritable “convoi présidentiel”, soulignant l'incongruité d'une telle protection pour une personne qui n'exerce aucune fonction publique.

L'ancien conseiller municipal de Bogotá et député élu Daniel Briceño a vivement critiqué cette situation, dénonçant le contraste saisissant entre la protection accordée à Guerrero et le manque de ressources allouées aux leaders sociaux, souvent victimes d'actes de violence et d'assassinats. Il a directement interpellé le directeur de l'Unité Nationale de Protection (UNP), Augusto Rodríguez, pour ses décisions jugées inacceptables. “Trois véhicules blindés et jusqu’à neuf gardes du corps pour Juliana Guerrero, financés par l’impôt des Colombiens, alors que des leaders sociaux sont assassinés, des commerçants sont extorqués et des citoyens sont dépouillés”, a-t-il fulminé sur X.

Le directeur de l'UNP a tenté de se défendre dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, affirmant que la demande de protection avait été initiée par Angie Rodríguez, l'ancienne directrice du Dapre et actuelle directrice du Fonds d'Adaptation. Il a souligné une contradiction troublante : Rodriguez affirme aujourd'hui que Guerrero ne présentait aucun risque, alors que la demande initiale mentionnait explicitement des “liens” justifiant la nécessité d'une protection. Un détail qui jette une ombre persistante sur les motivations de cette décision.

L'affaire ne cesse de prendre de l'ampleur, révélant un possible détournement de fonds et une gestion opaque de l'UNP. La question demeure : comment une jeune femme sans statut de fonctionnaire publique a-t-elle pu se voir accorder une telle protection, au détriment de la sécurité des citoyens les plus vulnérables ? L'enquête devra faire la lumière sur ces zones d’ombre et rendre des comptes à la nation.