La dette publique mexicaine stabilité malgré un croissance économique faible
La dette publique mexicaine affiche une stabilité surprenante, se situant à 50,4% du PIB, malgré un taux de croissance économique annuel de seulement 0,1% au premier trimestre. Un rebond initialement attendu s’avère finalement plus timide, fragilisant les projections budgétaires.
Un déficit budgétaire contrôlé, une bonne nouvelle
La Secretaría de Hacienda et Crédito Público révèle un surplus budgétaire primaire de 98 milliards de pesos, un résultat dépassant les attentes. Ce point positif, conséquence d'un paiement d'intérêts réduit de 47 milliards de pesos, témoigne d'une gestion rigoureuse des finances publiques et d’une stratégie d'optimisation du financement sur les marchés internationaux. Cette performance souligne la capacité du gouvernement à maîtriser son endettement, malgré un déficit budgétaire de 172 milliards de pesos.
Le niveau de la dette nette du gouvernement fédéral, à 46,7% du PIB, est jugé modéré comparé à d’autres économies d’Amérique latine, offrant une certaine marge de manœuvre pour la flexibilité budgétaire. L'accent est mis sur une trajectoire de normalisation progressive du déficit, essentielle pour maintenir des conditions de financement favorables.

Ralentissement économique et pressions inflationnistes
L'économie mexicaine se terre à un taux de croissance de seulement 0,1%, un chiffre qui reflète les conséquences des ajustements de la politique commerciale internationale. Ce ralentissement, exacerbé par des conditions climatiques défavorables dans le nord du pays, impacte particulièrement le secteur primaire. Le secteur secondaire connaît un recul de 1,3% tandis que les services progressent à un rythme plus modeste, 0,7%.
Le secteur des services, en revanche, affiche une croissance de 0,7%, portée par la consommation intérieure. Le commerce extérieur, fragilisé par les fluctuations internationales, est un facteur de préoccupation majeur.

Revenus tributaires et non tributaires : un équilibre précaire
La collecte fiscale, bien que légèrement en baisse (-0,6% en termes réels), est tempérée par une augmentation significative des revenus non pétroliers (0,4%), notamment grâce à l’essor du secteur technologique et à la dynamique des États-Unis et de la Chine. L'augmentation des impôts sur les tabacs et les boissons sucrées contribue à cette performance. La collecte d'impôts sur la valeur ajoutée (IVA) dépasse les prévisions de 5 milliards de pesos, malgré une diminution réelle de 3,7%.
L’IEPS, quant à lui, enregistre une croissance réelle annuelle de 19,4%, un chiffre exceptionnel qui dépasse largement la moyenne des dix dernières années, grâce à des révisions fiscales. Ces revenus supplémentaires, issus de taxes spécifiques, offrent une bouffée d’oxygène au budget de l'État.
Inflation et vulnérabilités globales
L’inflation moyenne se maintient à 4,1%, entraînant une hausse des prix, notamment pour le jitomate, le papa et le tomate vert. L’environnement mondial, stimulé par la croissance américaine et chinoise, et les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, exerce une pression inflationniste persistante sur les matières premières. La volatilité des marchés financiers et les fluctuations des taux de change restent des facteurs de risque majeurs.
La gestion de la dette publique, malgré les défis, reste un pilier de la stratégie budgétaire mexicaine. L'objectif est clair : maintenir une dette stable et des conditions de financement avantageuses – une tâche d'autant plus difficile dans un contexte économique mondial incertain.
