Lavrov : moscou exige à washington de cesser ses ultimatums à l'iran
La tension monte en Méditerranée orientale. Sergei Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a lancé un avertissement cinglant à Washington, exhortant les États-Unis à abandonner leur rhétorique d'ultimatums à l'égard de l'Iran. Une intervention diplomatique d'un poids, qui survient alors que la région est au bord d'une escalade.

Un appel à la négociation, et non à la pression
Au cours d'une conversation téléphonique avec son homologue iranien, Abbas Araqchi, Lavrov a insisté sur la nécessité pour les États-Unis de « revenir à la voie de la négociation ». L'initiative de cette conversation, souligne le ministère russe des Affaires étrangères, est venue de Téhéran. Le contexte ? Les délais constants imposés par le président Trump pour contraindre l'Iran à accepter un nouvel accord nucléaire, perçus à Moscou comme une stratégie de force contre-productive.
La Russie, traditionnellement un acteur clé dans les négociations sur le nucléaire iranien, exprime son espoir que les diverses initiatives internationales visant à désamorcer la crise trouvent leur aboutissement. « Pour une normalisation à long terme et durable de la situation au Moyen-Orient », a précisé le communiqué. Mais surtout, Moscou appelle à la prudence et à la retenue, mettant en garde contre toute action susceptible de compromettre les efforts diplomatiques en cours.
Le spectre d'une catastrophe plane. Un incident récent a exacerbé les tensions : l'évacuation d'environ 200 travailleurs russes de la centrale nucléaire de Bushehr, construite en collaboration russo-iranienne, suite à des attaques américaines sur un bâtiment annexe. Lavrov a exprimé ses condoléances à Araqchi suite à la mort d'un citoyen iranien lors de ces événements. « Il est inacceptable de menacer la vie et la santé de ses travailleurs et de générer un risque de catastrophe radioactive pour toute la région », a-t-il déclaré, soulignant la gravité de la situation.
Le silence du gouvernement iranien sur cette conversation téléphonique contraste avec la communication proactive de Moscou. L'absence de réaction officielle de Téhéran laisse planer une incertitude quant à la manière dont l'Iran perçoit ces appels à la désescalade, et à la pression américaine. Une chose est sûre : la prudence s'impose, car l'équation géopolitique du Moyen-Orient est plus volatile que jamais.
