Le deux-roues décolle : une révolution urbaine en marche ?
Les chiffres sont sans appel : le marché des motos et des véhicules légers a enregistré une flambée spectaculaire au premier trimestre 2026, affichant une progression de 26,6% par rapport à l'année précédente. Un bond de 40,3% en mars seul confirme une tendance bien plus profonde qu'une simple conjoncture favorable. La question se pose désormais : l'heure est-elle vraiment celle d'une renaissance du deux-roumes, porteur d'une solution aux maux de la mobilité urbaine ?
Une évasion des embouteillages
Loin d'être un simple effet de mode, cette croissance témoigne d'un changement de paradigme. Face à la congestion chronique des centres-villes et à la recherche de solutions de transport plus efficaces, la moto et les scooters gagnent du terrain. L'agilité, l'occupation réduite de l'espace public et, surtout, la rapidité de déplacement, sont autant d'atouts qui séduisent un nombre croissant de citadins. José María Riaño, secrétaire Général d'ANESDOR, l'a d'ailleurs souligné : “de plus en plus de citoyens choisissent la moto et les véhicules légers pour leur mobilité, grâce aux nombreux avantages qu'ils offrent.”
L'engouement ne se limite pas aux modèles populaires. Si le Yamaha NMax 125 conserve sa couronne de best-seller, avec 1 111 unités vendues en mars et un cumul annuel de 2 521, les scooters urbains comme le Honda PCX 125 (2 298 unités) et même les cyclomoteurs, dont les ventes ont explosé de 59,1%, montrent une diversification des profils d'acheteurs.

Des marques en compétition
Le marché, bien que dynamique, semble s'être stabilisé au sommet. Honda domine toujours la scène avec 4 877 motos vendues en mars, soit un total de 11 719 unités sur le trimestre. Yamaha suit avec 8 163 immatriculations, mais le reste des constructeurs peinent à décoller. La Voge DS 800 Rally et la Zontes 368 G se taillent une place honorable dans le segment des motos de loisirs, tandis que les Honda SH 125 Scoopy, Forza 125 et ADV 350 continuent d'attirer les usagers urbains.

Des vents contraires à surveiller
Malgré cette performance encourageante, le secteur reste vigilant. L'incertitude économique mondiale, et notamment les fluctuations des prix de l'énergie, pourraient freiner la dynamique actuelle. Les problèmes logistiques, la volatilité des matières premières et les risques d'augmentation des coûts de production planent comme des menaces. Pourtant, le secteur a déjà prouvé sa résilience lors de la crise sanitaire, et l'optimisme demeure.
Le premier trimestre 2026 est un signal fort : la moto n'est plus un simple loisir, mais une alternative sérieuse à la voiture, capable de transformer la mobilité urbaine. Mais attention, le succès dépendra de la capacité du secteur à naviguer dans un contexte international complexe et à répondre aux exigences croissantes des consommateurs en termes de performance, de sécurité et d'impact environnemental. La route est encore longue, mais la direction est prise.