Le fmi évalue en profondeur l'économie hondurienne
La mission du Fonds monétaire international (FMI) arrive en Honduras pour une évaluation approfondie de l'économie du pays. Pendant deux semaines, jusqu'au 11 mai, l'organisme international entamera des réunions avec les autorités financières, les régulateurs, les syndicats patronaux et l'ambassade des États-Unis. Ce processus pourrait faciliter un appui budgétaire de 240 millions de dollars.
Objectif : réactiver le programme avec le fmi
Le gouvernement de Nasry Asfura cherche à profiter de la visite pour montrer des résultats en matière monétaire et fiscale. Le principal objectif est de réactiver le programme avec le FMI, qui se trouve en cours de suspension depuis novembre dernier en raison de la absence de révision. Selon le coordinateur du cabinet économique, Emilio Hernández Hércules, cité par le quotidien hondurien La Tribuna, la gestion précédente n'a pas avancé sur l'accord, ce pourquoi la nouvelle administration a concentré les quatre premiers mois sur la restauration et la présentation de indicateurs solides.
Le FMI examine les dynamiques économiques au Honduras et les attentes officielles. Pendant sa présence, les autorités présenteront des progrès tels que la réduction de l'émission monétaire, le renforcement des réserves internationales et la recapitalisation de la Banque centrale du Honduras. Cette analyse sera cruciale pour que le pays reçoive le versement de 240 millions de dollars, qui sera directement destiné au Trésor unique, permettant un souffle aux comptes publics.
Les réformes en matière change, les améliorations de l'accès aux devises et la simplification des formalités pour l'exportateur seront également exposées. La mission technique collectera des informations de institutions clés, notamment la Secrétariat des finances, la Banque centrale, la Commission nationale des banques et assurances et l'Entreprise nationale d'énergie électrique, entre autres. Cette information sera transmise à Washington pour que le Conseil du FMI décide si le Honduras a satisfait les quatrième et cinquième évaluations de l'accord, étape indispensable pour accéder au financement prévu.
Si ces deux évaluations sont réussies, le Honduras renforcera ses réserves internationales et disposera d'un appui budgétaire plus important pour affronter l'environnement économique global.

Contexte de réformes et politique monétaire
La gestion de Nasry Asfura au cours des trois premiers mois a priorisé la discipline fiscale et le contrôle sur la dette extérieure. Le secrétaire aux finances a détaillé au quotidien que les prêts sont réorientés et que l'on cherche à réduire la dette internationale entre 700 et 800 millions de dollars, par des négociations avec des organismes multilatéraux tels que le Fonds monétaire international, le Banque interaméricaine de développement, le BID, la Banque centrale pour l'Amérique latine et la Banque interaméricaine de développement, le BCIE et le CAF. Le fonctionnaire a souligné que tout endettement nouveau sera conditionné à la priorisation des projets et à une gestion prudente du plafond fiscal.
En ce qui concerne la politique monétaire et au sein de la Banque centrale, les trois derniers mois ont vu des avancées importantes, par exemple une diminution de l'émission monétaire, une modulation du rythme de dépréciation du taux de change et une baisse des taux d'intérêt pour les nouveaux crédits. Malgré le contexte international défavorable, l'administration hondurienne estime pour la période 2026-2027 un croissance économique entre 3 et 4%, avec une inflation stable autour de 5%. De plus, on prévoit que le crédit au secteur privé s'étendra de l'ordre de 10% et que les réserves internationales dépasseront les 11 000 millions de dollars, consolidant la stabilité financière.
