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Le pérou affiche une croissance fiscale record grâce à l'exploitation minière

Lima – Le gouvernement péruvien a enregistré une augmentation spectaculaire de ses recettes fiscales en mars 2026, atteignant 16,682 milliards de soles, soit une progression de 11,6% par rapport à l'année précédente. Un chiffre qui confirme une dynamique positive pour l'économie nationale, illustrée par une croissance sur 22 mois consécutifs. Mais derrière ce tableau encourageant se cachent des mécanismes précis et des facteurs internationaux qui méritent une analyse approfondie.

Le secteur minier, moteur de cette croissance

Le secteur minier, moteur de cette croissance

L'essor de la collecte fiscale est largement attribuable à la performance du secteur minier, notamment grâce à une campagne de régularisation du revenu 2025 particulièrement fructueuse. L'augmentation des bénéfices rapportés par les entreprises minières, conjuguée à une conjoncture internationale favorable – l'essor des prix du cuivre et de l'or, piliers de l'exportation péruvienne – a dopé les versements mensuels de l'impôt sur le revenu des sociétés liées à ces matières premières. La situation est d'autant plus significative que cette croissance s'inscrit dans un contexte économique globalement positif, avec une augmentation du PIB de 2,8% et une demande interne en hausse de 4,3% en février dernier.

L'impact des nouvelles réglementations ne doit pas être sous-estimé. Le décret législatif N° 1623, imposant la TVA sur les services numériques, a généré 54 millions de soles en mars, tandis que la loi N° 31557 et le décret législatif N° 1644, liés à l'impôt sur les jeux et paris sportifs à distance, ont rapporté un total de 165 millions de soles. L'application rigoureuse de ces nouvelles mesures, couplée aux actions de lutte contre l'évasion fiscale menées par la SUNAT, a permis de renforcer significativement les recettes publiques.

Cependant, il convient de nuancer ce tableau idyllique. La dépréciation du sol péruvien de 5,8% face au dollar américain a pesé sur les revenus fiscaux liés aux importations et aux exportations, atténuant partiellement l'impact positif des autres facteurs. De même, le fraccionnement spécial des dettes tributaires, instauré par le décret législatif N° 1634, a permis de recouvrer seulement 12 millions de soles contre 155 millions l'année précédente, tandis que la loi N° 31903, facilitant la gestion des fonds dans les comptes de retenue des PME, a diminué les flux de recouvrement de dettes.

Sur le plan des impôts, l'impôt sur le revenu a généré 9,618 milliards de soles, une augmentation de 17,1% par rapport à l'année précédente, avec une progression notable dans les régularisations, les paiements à compte et les autres formes de revenus. L’impôt général sur les ventes (IGV) a atteint 8,3 milliards de soles, en hausse de 8,7%, tandis que l'impôt sélectif sur la consommation (ISC) a connu une augmentation de 24%, grâce notamment à la hausse des taxes sur les carburants et l'introduction de la taxe sur les jeux et paris à distance.

Enfin, il est important de souligner que les remboursements d'impôts ont augmenté de 22% en mars, atteignant 3,353 milliards de soles, reflétant une gestion plus efficace des obligations fiscales par les contribuables. L’augmentation des recettes fiscales, bien que remarquable, doit être analysée avec prudence, en tenant compte des facteurs conjoncturels et des mesures fiscales qui pourraient affecter les performances futures.