Lima et callao : l'atu obtient un arsenal renforcé pour assainir le transport urbain
Le gouvernement péruvien a officialisé une réforme majeure du système de transport urbain de Lima et Callao, conférant à l'Autoridad de Transporte Urbano (ATU) des pouvoirs considérablement étendus. Cette initiative, incarnée par le décret suprême n° 009-2026-MTC, vise à redresser une situation financière précaire et à garantir un service public de qualité pour les usagers.
Un renforcement des outils de contrôle et de négociation
L'ATU, jusqu'alors confrontée à des difficultés de gestion et à des contrats mal négociés, se voit désormais dotée d'une marge de manœuvre accrue. Elle peut désormais revoir les termes des conventions avec les opérateurs de transport, ajuster les tarifs et définir des mécanismes de financement plus adaptés aux réalités économiques du secteur. Cette flexibilité est cruciale pour sortir les entreprises du transport de la dépendance aux subventions publiques et pour assurer la pérennité du service.
L'utilisation du Système de Focalisation de Hogares (SISFOH) est au cœur de cette réforme. Il permettra d'identifier avec une précision accrue les bénéficiaires des aides à la demande, garantissant ainsi une allocation ciblée des ressources et évitant les dérives potentielles. La transparence sera une priorité, avec la publication d'un registre détaillé des bénéficiaires et de rapports annuels synthétisant les actions entreprises et les résultats obtenus.

Deux modèles de subvention : une approche différenciée
La politique de subventions a été divisée en deux catégories distinctes. Les subventions à la demande, déjà en place, continueront à cibler les populations les plus vulnérables, par le biais de transferts monétaires ou de cartes préchargées. Ces dispositifs visent à pallier les difficultés financières de certains usagers et à favoriser une mobilité inclusive.
Parallèlement, les subventions à l'offre seront accordées aux opérateurs de transport uniquement si les tarifs pratiqués sont insuffisants pour couvrir leurs coûts. L'État interviendra alors pour compléter le financement, mais uniquement en cas de déficit, et sous réserve d'une surveillance régulière. Cette approche vise à éviter une dépendance excessive des entreprises à l'égard des subventions et à encourager une gestion financière rigoureuse.

Une priorité : l'inclusion et la qualité du service
Au-delà des considérations financières, cette réforme met l'accent sur l'inclusion sociale et la qualité du service. Elle prévoit des mesures spécifiques pour faciliter l'accès au transport public aux personnes à mobilité réduite, aux personnes âgées, aux étudiants et aux populations à faibles revenus. L'objectif est de garantir une mobilité équitable et accessible à tous. Le nouveau cadre réglementaire impose également à l'ATU de veiller à la traçabilité des fonds publics et à la transparence de ses actions. Le prochain rapport annuel, attendu avec impatience par les observateurs, sera scruté de près pour évaluer l'efficacité de cette réforme et son impact sur la vie des usagers de Lima et Callao.
