Lyon : le g7 lance une offensive inédite sur la prévention sanitaire

Lyon s'apprête à devenir l’épicentre d'une réflexion stratégique de portée mondiale. Ce lundi, le sommet « One Health Summit », organisé sous l'égide de la présidence française du G7, ambitionne de redéfinir les priorités en matière de santé globale, loin des réponses d'urgence qui ont jalonné les dernières crises sanitaires. Une initiative audacieuse, surtout après le désengagement progressif des États-Unis de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Une approche intégrée pour anticiper les pandémies

Une approche intégrée pour anticiper les pandémies

Le sommet réunit, jusqu'à mardi, plus de 40 pays, dont les chefs d’État du Ghana, de Mongolie, du Cambodge et de Botswana. Emmanuel Macron, hôte de cette initiative, interviendra pour souligner l'importance cruciale d'une approche « One Health », qui considère la santé humaine, animale, végétale et environnementale comme intrinsèquement liées. L'objectif affiché est clair : transformer la prévention en priorité stratégique, une démarche qui, selon Éleonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, représente un investissement « 100 fois moins coûteux » que la gestion d'une pandémie. Le souvenir des 15 millions de morts liés au Covid-19, des millions d'emplois détruits et des pertes économiques colossales, pèse lourd dans la balance.

L’équation est simple : trois quarts des maladies infectieuses émergentes sont d'origine animale (zoonoses). D’où la nécessité impérieuse d'améliorer la surveillance et la détection précoce, un enjeu majeur dans un contexte de dérèglement climatique et de destruction des habitats naturels, amplificateurs de ces risques.

Au-delà de la Covid : le cancer, le plastique, les engagements

La réunion ne se limite pas à la prévention des pandémies. La coopération internationale en matière de production de vaccins est également au cœur des discussions, tout comme la lutte contre les maladies chroniques telles que le cancer et le diabète, dont l'incidence représente une charge humaine, sociale et économique considérable. L'impact de la pollution, particulièrement celle des plastiques, sera également examiné, avec l'espoir de donner un nouvel élan au Traité Mondial contre la Pollution par les Plastiques, actuellement en négociation.

Face au désengagement américain, dont la nature exacte reste floue – une « reformulation » selon Éleonore Caroit, malgré l'absence récente de Washington de l’OMS – la France entend démontrer qu'il est possible d'agir sans attendre, guidée par la science et non par des considérations idéologiques. La présidence française entend amener les engagements pris à Lyon à la prochaine réunion du G7 à Évian, en juin prochain, où se réuniront les dirigeants du monde entier.

L'absence des États-Unis, bien que regrettable, ne doit pas occulter un point essentiel : la santé globale ne se politise pas. Il s'agit d'une question de survie, et la coopération internationale, aussi imparfaite soit-elle, reste notre meilleur espoir. L'initiative lyonnaise est ainsi une tentative de réaffirmer cette évidence, en misant sur une approche pragmatique et axée sur les solutions.