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Medellín: le maire accuse les négociations de paix, le chaos s'installe

Federico “Fico” Gutiérrez, le maire de Medellín, a déclaré ouvertement ses hostilités envers les dialogues de paix en cours avec les structures criminelles du Valle de Aburrá, exacerbant les tensions déjà vives dans la région. Alors que la Fiscalía (parquet colombien) a retiré les bénéfices de suspension de poursuite pour 16 condamnés impliqués dans ces négociations, la situation dégénère, révélant des luttes de pouvoir et des accusations mutuelles.

Un maire anti-paix urbaine

Gutiérrez, visiblement opposé à l’initiative “Paz Urbana”, a présenté un projet de loi visant à protéger les victimes dans de futurs dialogues entre l'État et les groupes criminels. Il dénonce une loi, la 2272 de 2022, qu’il juge trop favorable aux criminels, permettant la suspension de mesures judiciaires sans une soumission préalable rigoureuse. L’argumentaire est simple : une protection des victimes négligée au profit d'une déjudiciarisation des groupes criminels. Il a même envisagé de solliciter l'extradition vers les États-Unis des criminels actuellement en négociation, estimant que la justice américaine serait plus efficace.

La réponse n'a pas tardé à venir. Freyner Alfonso Ramírez García, alias “Carlos Pesebre”, figure centrale de ces négociations, a défendu le processus, insistant sur la place centrale accordée aux victimes. “Ce processus est sérieux, fondé sur les erreurs du passé,” a-t-il affirmé, soulignant l'importance d'une “dignification” des victimes et de la recherche de la vérité. Il a rejeté les accusations de Gutiérrez, les qualifiant de “rétaliation” due à une défaite électorale. Ramírez García a également insisté sur un objectif primordial : prévenir l'engagement des jeunes générations dans le crime.

Des accusations croisées et un sarcasme amère

Des accusations croisées et un sarcasme amère

José Leonardo Muñoz, alias “Douglas”, autre protagoniste des négociations, a réagi avec un sarcasme tranchant aux accusations de Gutiérrez concernant un éventuel lien entre les facilitateurs de la “Paz Urbana” et le trafic de drogue. “Je n'ai jamais été narcotrafiquant,” a-t-il déclaré, soulignant ses 17 années passées en prison, un argument qu'il juge suffisant pour discréditer ces allégations. Il a même ironisé sur la possibilité d'une extradition vers les États-Unis, affirmant que cela faciliterait la résolution du problème. “Là-bas, les juges et les procureurs ne se laissent pas manipuler comme ici,” a-t-il aggiunto.

Le ton est monté d'un cran, “Douglas” qualifiant Gutiérrez de “traître et ingrat”, rappelant un soutien préalable dont le maire aurait bénéficié. Il a accusé le maire d'utiliser ces attaques pour se refaire une crédibilité après une défaite électorale. La tension est palpable, et la “Paz Urbana”, initialement présentée comme une voie vers la réhabilitation, se retrouve prise au piège d'une escalade politique.

La situation souligne la complexité des tentatives de dialogue avec les structures criminelles en Colombie, expose les fragilités d'un processus qui doit concilier justice, réconciliation et sécurité, et questionne la capacité du gouvernement à naviguer dans un paysage politique polarisé, où la confiance semble être une denrée rare. Le futur de “Paz Urbana” est incertain, suspendu aux prochaines décisions politiques et à la capacité des parties prenantes à surmonter leurs divergences.