Morales exige un passeport diplomatique: la bolivie s'enlise dans une crise politique

L'ancien président bolivien Evo Morales, déjà en résidence dans le Trópique de Cochabamba sous la menace de l'arrestation, multiplie les provocations. Cette fois, c'est un appel pressant à la délivrance d'un passeport diplomatique qui enflamme les tensions avec le gouvernement.

Un conflit de pouvoirs aux allures de spirale

Un conflit de pouvoirs aux allures de spirale

Le ministre des Affaires étrangères, Fernando Aramayo, a d'emblée minimisé les revendications de Morales, affirmant que la demande n'était pas exceptionnelle et que le gouvernement respectait désormais les procédures établies. « Nul besoin de solliciter un passeport de manière particulière, comme cela se faisait durant sa gestion. », a-t-il tranché, soulignant le respect des règles actuelles.

Mais le leader communautaire, toujours fidèle à son bastion politique à Villa Tunari, persiste dans son accusation de refus. Il dénonce une volonté délibérée de l'État de l'empêcher de voyager, invoquant des « invitations » incessantes à l'étranger. Une accuseration que le ministre balaie d'un revers de main, affirmant que Morales doit se présenter à la Chancillerie comme tout autre citoyen pour effectuer les démarches nécessaires.

La situation est complexe, exacerbée par les accusations portées contre Morales en tant que principal instigateur d'un trafic d'enfants. La Fiscalía a accumulé 170 preuves, dont la naissance d'une fillette en 2016, ce qui lui vaut une détention domiciliaire et l'inaussitôt de l'impossibilité de quitter le territoire. Une mascarade judiciaire, selon ses partisans qui l'entourent et le protègent.

Le juge Nelson Rocabado a déjà prononcé deux convocations à Tarija, où le dossier est traité, mais Morales a systématiquement refusé de se présenter, invoquant l'absence de garanties. Il a ainsi été déclaré rebelle et ses biens saisis. Un affront à l'État de droit, selon ses proches.

L'affaire du passeport diplomatique ne relève pas seulement d'un simple prétexte. Elle symbolise un conflit de pouvoir profond et une crise politique persistante. La Bolivie est au bord du gouffre, tiraillée entre les revendications d'un ancien président et les exigences d'une justice en quête de vérité. L'avenir reste incertain, mais une chose est sûre : la situation ne fera que s'envenimer.