Movistar+: un coup de pouce stratégique sous la loupe de telefónica

Madrid s’agite. Alfonso Gómez, figure montante de Telefónica Hispanoamérica, prendra les rênes de Movistar+, succédant à Daniel Domenjós, dont le départ volontaire est imminent. Une mutation significative, orchestrée par Marc Murtra, président de Telefónica, et révélée initialement par El Economista, qui redessine les contours de la stratégie du groupe de télécommunications.

Une réorganisation impérative

Une réorganisation impérative

Cette annonce intervient dans le sillage d’une récente allocution de Murtra, où il soulignait la nécessité cruciale de simplifier l’organisation de Telefónica, pointant du doigt des « rigidezes structurelles » entravant l’efficacité. Face à 700 cadres, le président a insisté sur l’importance de capitaliser sur les atouts du groupe – une échelle de taille considérable, un réseau performant, un capital humain qualifié et des capacités technologiques de pointe – tout en accélérant l’exécution et en assainissant les processus internes. Le mot d’ordre, lancé avec force : « Donner toujours le meilleur de soi-même, défier ses propres limites et grandir ensemble. »

L’arrivée de Gómez, fort de sept années d’expérience à la tête de Telefónica Hispanoamérica, est loin d’être anodine. Durant son mandat, il a réussi à redresser la barre, relançant la croissance des revenus et de la rentabilité dans la région. L’investissement massif dans la fibre optique, ayant permis de couvrir près de 17 millions de foyers, et le renforcement des services mobiles 4G et 5G, témoignent d’une stratégie agressive et payante. Son champ d’action s’étendait sur des marchés aussi variés que l’Argentine, le Chili, la Colombie, l’Équateur, le Mexique, le Pérou, l’Uruguay et le Venezuela.

Le départ de Domenjós, après seulement un an à la direction de Movistar+, soulève des interrogations. Bien que présenté comme volontaire, il reste un symptôme des tensions sous-jacentes au sein du groupe. Son départ coïncide avec l'entrée d'Alfonso Gómez au comité de direction de Telefónica España, une manœuvre qui, au-delà du simple remplacement, signale une volonté de centralisation et de contrôle accru.

La restructuration de Telefónica, loin d’être achevée, s’annonce comme un défi majeur pour Murtra. L'enjeu est clair : transformer un géant télécom engoncé dans des processus complexes en une entité agile et compétitive, capable de naviguer avec succès dans un paysage concurrentiel en constante mutation. Le succès de cette transformation dépendra de la capacité de Gómez à concilier une gestion efficace avec une culture d'entreprise souple et innovante.

Reste à savoir si les nouveaux axes stratégiques décrétés par Murtra suffiront à éteindre le feu. Les chiffres de Telefónica au prochain trimestre parleront d'eux-mêmes.